31 août 2011

Seb MUSSET

Seb MUSSET est chroniqueur de guerre néo-libérale

Graphiste, cinéaste puis écrivain.

Né en 1972 à Paris. A réalisé dans une autre vie films et documentaires. A aussi touché à la pub, à la com' et à la sitcom. N'est affilié a aucun parti, organisation politique ou site de presse reprenant les textes des blogueurs sans les rémunérer. Chaque reproduction d'un texte doit faire l'objet d'une demande. VOIR LE BLOG

La revanche des quinquagénaires


Seb Musset _ La revanche des Quinquas ..... par Darwin_Kayser

22 août 2011

Massacre à Tripoli



MASSACRE A TRIPOLI
(Voir webcam en direct de Tripoli)
Par les forces de l'OTAN ( forces militaires colonialistes Française et Anglaise )  :
(Extrait du site web Lelibrepenseur.org et Voltaire.net )
ITW en direct de Tripoli de deux vrais journalistes : Thierry Meyssan et Julien Teil. Les génocidaires de l'OTAN ont massacrés en une seule soirée plus de 1300 civils ainsi que 5000 blessés. La veille, il a été laissé au sol plus de 650 morts. C'est certainement le prix de la démocratie...

Les mensonges des médias sont ahurissants et sans scrupules. Cette ITW en est une preuve irréfutable.

Écrit par LLP   
Lundi, 22 Août 2011 02:00
URGENT : Suite des événements. T. Meyssan (et un autre journaliste) menacés de mort par les soldats de l'OTAN.


Thierry Meyssan menacé de mort à Tripoli par l'OTANÀ Tripoli, les bombardements ont repris vers 10h20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l’OTAN s’acharne. Les combats ont repris autour de l’hôtel Rixos où sont toujours retranchés des dirigeants libyens et la presse étrangère. Au Rixos, l’ordre a été donné par de soi-disant « journalistes » US d’abattre Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan. Trois États ont offert leur protection diplomatique aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n’ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades.
Quoi de plus normal pour les instigateurs de l'opération Gladio que d'assassiner des journalistes occidentaux ! L'Italie à l'époque en avait fait les frais...

Source : http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-et-Mahdi-Darius
Faites tourner cette information au maximum afin que ces criminels soient démasqués.






Pourquoi la guerre en Libye ?


L’OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger ( extrait de wikistrike )
 
Mahdi Nazemroaya, Tripoli, 22 août à 19h52 (Russia Today)


Retranscription par le Grand Soir
           - mise en ligne 22/8 à 23h40 :
 
Présentateur : Nous rejoignons Mahdi Nazemroaya à Tripoli. Quelle est la situation à l’hôtel où vous êtes ? La dernière fois que nous avons parlé vous avez mentionné des coups de feu devant l’hôtel et aussi plusieurs loyalistes qui sont arrivés pour recevoir des soins...
Mahdi Nazemroaya : la tension est montée. Quelques membres de plus du personnel de l’hôtel précédent, de la sécurité et du groupe des médias qui étaient chargés de nous protéger, sont revenus armés. A l’évidence ils s’étaient battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations sur les combats, et le tableau qu’ils ont brossé n’est pas celui d’une défaite, ils sont confiants. Et je crois... je suis désolé, je n’ai pas pu aller plus loin... je crois que l’un d’entre eux a peut-être été tué devant l’hôtel. Je ne peux pas le confirmer à l’heure qu’il est parce qu’il y a encore des snipers dans l’hôtel. Nous avons été avertis par... ceux de CNN par exemple, de ne pas parler d’Al Qaeda parce que sinon nous serions tués. C’était une menace voilée qui m’a été adressée directement. C’est inacceptable, c’est de la censure, et c’est inacceptable.
Présentateur : on dirait effectivement que la tension est vive. Vous parlez de violences, s’agit de violences autour de l’hôtel où vous vous trouvez où s’agit-il de violences dans d’autres parties de la ville ? Entendez-vous d’autres violences dans d’autres parties de la ville ?
Mahdi Nazemroaya : Après les informations données par les médias occidentaux et US, les journalistes de CNN les ont reprises et je crois qu’ils ont pris contact avec les rebelles et l’OTAN. Ce sont des agents de sécurité, c’est ça qu’ils sont en réalité. Je pense que nous devons prendre des mesures très rapidement. Ils ont leur propre plan d’évacuation et je crois que ma vie et celle d’autres journalistes qui ne diffusent pas des informations dans le cadre de ce... consensus ... nos vies sont en danger. Ils ne sont vraiment pas contents à notre sujet et leurs regards sont très menaçants. Si quelque chose nous arrive... Si quelque chose nous arrive je crois qu’ils y seront pour quelque chose, sans aucun doute. Ils nous ont menacé, des ressortissants britanniques, français... C’est inacceptable. Juste parce que nous ne suivons pas la ligne de l’OTAN, parce que nous ne sommes pas d’accord avec la version donnée par l’OTAN. Ils ne sont pas en train de gagner et je crois qu’ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement sous prétexte d’une « responsabilité de protéger » que je n’ai jamais vue s’appliquer dans le cas de Bahrein ou l’Arabie Saoudite. On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Des gens que nous avons rencontré ont vu des troupes Qataris, et ils étaient très confiants. Pour être honnête, j’étais très ému de voir un de ces jeunes, il travaillait ici, et un des... journalistes... était... était... très mécontent et il a eu des commentaires très désobligeants.
Présentateur : lorsque vous parlez de menaces à votre encontre, pardonnez-moi de vous interrompre, vous dites que vous vous sentez menacés. Vous êtes menacés par les forces rebelles ou aussi par les loyalistes ?
Mahdi Nazemroaya : non, non, pas par les loyalistes. Nous nous sentons menacés par les rebelles et par certains journalistes présents ici. Et je vais vous le dire franchement, nous avons été menacés par des journalistes parce que ce ne sont pas de véritables journalistes. Ce ne sont pas des journalistes du tout.
Présentateur : vous avez un endroit où vous réfugier ? Où pouvez-vous aller si jamais...
Mahdi Nazemroaya : l’ambassade de Russie a dit qu’elle nous accueillerait, mais on ne peut pas s’y rendre parce qu’il y a des combats autour. L’ambassade cubaine... (explosions) vous entendez les combats ? Ca commence, c’est très fort, ils arrivent. Dieu sait ce qui peut arriver. Il est important que la communauté internationale, la véritable communauté internationale, pas les pays membres de l’OTAN, prenne des mesures pour nous sortir d’ici...
Présentateur : qu’est-ce qu’on entend ? Ce sont des coups de feu ou des bombardements ?
Mahdi Nazemroaya : des coups de feu... je n’ai pas entendu de bombardements de l’OTAN... pour moi ce sont des coups de feu.
Présentateur : vous avez parlé de bombardements. Est-ce que votre quartier est assiégé ?
Mahdi Nazemroaya : Assiégé ? Il y a des snipers tout autour. Quelqu’un a été touché, je ne sais pas s’il est mort. Je suis désolé de le dire mais je ne peux pas aller vérifier. Ils ont tiré puis ils sont partis rapidement en voiture. Ils reviendront. Mais le message est que nous sommes ici... je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al Jazeera et CNN. Et je crois qu’ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des évènements qui n’est pas conforme à ce qu’ils avaient prévu.

C’est l’OTAN qui est à la conquête de Tripoli (Il Manifesto)


Manlio DINUCCI


Une photo publiée par le New York Times raconte, plus que beaucoup de paroles, ce qui est en train d’arriver en Libye : elle montre le corps carbonisé d’un soldat de l’armée gouvernementale, à côté des restes d’un véhicule brûlé, avec trois rebelles autour qui le regardent avec curiosité. Ce sont eux qui témoignent que le soldat a été tué par un raid de l’OTAN. En moins de cinq mois, informe le Commandement conjoint allié de Naples, l’OTAN a effectué plus de 20mille raids aériens, dont 8mille d’attaques par bombes et missiles. Cette action, déclarent au New York Times de hauts fonctionnaires étasuniens et OTAN, a été décisive pour resserrer l’étau autour de Tripoli.
Les attaques sont devenues de plus en plus précises, détruisant les infrastructures libyennes et empêchant ainsi le commandement de Tripoli de contrôler et d’approvisionner ses forces. Aux chasseurs-bombardiers qui larguent des bombes à guidage laser d’une tonne, dont les têtes pénétrantes à l’uranium appauvri et tungstène peuvent détruire des édifices renforcés, se sont joints les hélicoptères de combat, dotés des systèmes d’armements les plus modernes. Parmi eux, le missile à guidage laser Hellfire, qui est lancé à 8Kms de l’objectif, utilisé aussi en Libye par les avions télécommandés étasuniens Predator/Reaper.
Les objectifs sont repérés non seulement par les avions radar Awacs, qui décollent de Trapani (côte sud-ouest de la Sicile), et par les Predator italiens qui décollent d’Amendola (Foggia, province des Pouilles), en survolant la Libye 24h/24. Ils sont aussi signalés -indiquent au New York Times les fonctionnaires OTAN- par les rebelles. Ceux-ci, tout en étant « mal entraînés et mal organisés », sont en mesure, « grâce des technologies fournies par des pays de l’OTAN », de transmettre d’importantes informations au « team OTAN en Italie, qui choisit les objectifs à frapper ». De plus, rapportent les fonctionnaires, « la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays ont déployé des forces spéciales sur le terrain en Libye ». Officiellement pour entraîner et armer les rebelles, en réalité surtout pour des tâches opérationnelles.
On voit ainsi émerger le cadre réel. Si les rebelles sont arrivés à Tripoli, c’est dû non pas à leur capacité de combat, mais au fait que les chasseurs-bombardiers, les hélicoptères et les Predator de l’OTAN leur ouvrent la voie, en pratiquant la terre brûlée. Au sens littéral du terme, comme le montre le corps du soldat libyen carbonisé par le raid OTAN. En d’autres termes, on a créé à l’usage des media l’image d’une résistance avec une force capable de battre une armée professionnelle. Même si, évidemment des rebelles meurent dans les affrontements, ce ne sont pas eux qui sont en train de s’emparer de Tripoli. C’est l’OTAN qui, forte d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, est en train de démolir un Etat au motif de défendre les civils. De toute évidence, depuis qu’il y a un siècle les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, l’art de la guerre coloniale a fait de grands pas en avant.
Manlio Dinucci
Edition de mardi 23 juillet de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
URL de cet article 14461
http://www.legrandsoir.info/c-est-l-otan-qui-est-a-la-conquete-de-tripoli-il-manifesto.html


Madhi Nazemroaya / Tripoli le 22 août 2011 par Bonzou
Les journalistes du Réseau Voltaire ont quitté Tripoli
Dimanche 28 août 2011, 18h10 GMT - D’après le centre de crise du ministère français des Affaires étrangères, les journalistes français du Réseau Voltaire ont embarqué sur un bateau et ont maintenant quitté la Libye. Le Réseau Voltaire remercie la cellule de crise pour son efficacité, ainsi que toutes les personnes qui ont aidé à l’évacuation de ses journalistes. Le Réseau Voltaire est très touché par les messages de soutien reçus ces derniers jours.

9 août 2011

Neurotechnologies :



Neurotechnologies :

Grenoble Institut des Neurosciences
Ou comment nous manger le cerveau
Qu'avez-vous de plus intime ? L'ultime for(t) intérieur où vous ne voudriez jamais souffrir la moindre
intrusion ? Qu'est-ce qui vous reste quand tout, jusqu'à la liberté, vous a été volé ? Votre esprit.
À Grenoble, avec l'ouverture prochaine de l'Institut des Neurosciences sous les auspices des habituels
philanthropes (l'armée, le Commissariat à l'énergie atomique, l'Inserm), c'est une nouvelle pièce de
l'homme-machine mise en place. Le "C" des NBIC (Nano-Bio-Info-Cogno) complète ici le fameux projet
des Technologies Convergentes (localement, NanoBio, Biopolis, Minatec, Imag, INRIA, etc). Raison de
plus pour penser, tant que nous le pouvons, ce que l'on veut faire de nous.
2007 - Antoine et Eliane enquêtent sur un fauchage
d'OGM. Le suspect nie, mais en relevant son
empreinte cérébrale, ils notent que les photos des
lieux éveillent des souvenirs dans son cerveau. Ils le
font mettre en examen.
2008 - Tiana déprimait mais elle se sent mieux depuis
qu'elle a des électrodes dans le cerveau. Reliées à un
boîtier électronique greffé sous sa clavicule, celles-ci
agissent sur son état mental par stimulation cérébrale
profonde. Elle prend maintenant la vie du bon côté.
2010 - Miguel est web-vigile : il traque sur la toile les
indices d'activités subversives. Pour traiter en temps
réel les millions d'informations du cyberespace, il
porte son casque de cognition augmentée. Le
dispositif qui capte son activité cérébrale détecte tout
relâchement de l'attention, et déclenche des
procédures de correction adaptées. Miguel reste ainsi
efficace et productif toute la journée.
2025 - Jean-Olivier déclame des poèmes dans les
banquets philosophiques. Contre les trous de
mémoire, il s'est fait poser un hippocampe artificiel et
peut désormais réciter des heures d'affilée. Il a profité
de l'opération pour faire effacer quelques souvenirs
superflus.
*********
Lesquelles de ces histoires nous ont été livrées par un
scénariste de Hollywood ? Aucune. Toutes sortent de
labos de recherche et de rapports consacrés aux
neurosciences et aux sciences cognitives. Realityscience
dont les applications, quand elles ne sont pas
déjà en train de "révolutionner nos vies", ne sont
qu'une question de mois et d'années. Tandis que
l'ingénierie génétique focalisait la critique, légitime,
sur la manipulation du vivant, les neurotechnologies
ont discrètement bâti dans les années 1990 ("The
Decade of Brain", disent les Américains), un
complexe techno-scientifique dédié au contrôle des
cerveaux. Nos lecteurs en ont découvert quelques
échantillons au détour de nos enquêtes sur les
nanotechnologies : expériences de roborats
télécommandés ou d'interfaces hommes-machines(1).
Grenoble inaugurant bientôt son Institut des
Neurosciences, il est temps de comprendre quel futur
cérébral les labos d'ici et d'ailleurs programment en
toute sournoiserie. Comme le notait The Economist en
2002, "Le clonage est un sujet de discussions
acharnées, avec des propositions d’interdictions
globales. Pourtant quand il s’agit des neurosciences,
aucun gouvernement ou traité ne fixe de limites (…).
En fait les neurotechnologies posent un risque plus
grand - et également plus immédiat.."(2) Voyons donc
comment les chercheurs de Technopolis envisagent,
selon la coutume locale, de valoriser ce risque dans la
cuvette.
I- Et au bout du futur tunnel, un laboratoire P3
"Le futur bâtiment de "Grenoble Institut des
Neurosciences" (…) s'élèvera, dès le début 2007, à
proximité du CHU de Grenoble, sur le campus santé
de l'université Joseph-Fourier. (…) Le bâtiment
hébergera une dizaine d'équipes de chercheurs dans
des domaines aussi variés que la neuro-imagerie, les
neurosciences cellulaires et moléculaires, les
neurosciences intégratives et cliniques dans des
domaines allant de la recherche fondamentale aux
applications cliniques et nouvelles thérapies."(3)
"Dirigé par l'instigateur du projet, Claude
Feuerstein, professeur des universités et praticien
hospitalier, l'institut regroupera environ
200 chercheurs sur 6000 m2 de laboratoires, bureaux
et plateaux techniques pour relever l'un des défis
majeurs de la recherche médicale : mieux
comprendre le fonctionnement du cerveau et les
maladies qui l'affectent. Construit par l'université
Joseph-Fourier dans le cadre du XIIe contrat de plan
Etat-Région, en partenariat avec l'Inserm, l'institut
est financé par l'Etat, la région Rhône-Alpes, la
Métro et la Ville de Grenoble, avec le soutien de
l'Inserm et de la fondation Edmond J.Safra, pour un
montant de 10,147 M€ (+ 2M€ d'équipements). (…)
(1) Cf "Nanotechnologies, maxiservitude", sur
www.piecesetmaindoeuvre.com
(2) The Economist, 25/05/02
(3) Le Daubé 13/12/05

Grenoble Institut des Neurosciences facilitera la
recherche interdisciplinaire, la coopération et le
partage d'outils et de compétences entre les différents
acteurs de la recherche impliqués : université,
Inserm, CEA, CHU, CNRS, CRSSA."(4)
Vos journaux n'ayant hélas pas la place de tout vous
dire, Pièces et Main d'OEuvre complète votre
information par quelques éléments tirés du permis
de construire de l'institut, déposé en mairie de La
Tronche : "La parcelle se trouve à l'intérieur de la
zone historiquement inondable de la vallée de l'Isère.
(…) À ce titre le projet peut être autorisé sous réserve
de la réalisation d'une étude de danger dans un délai
de deux ans. (…) Les postes vitaux devront se situer
au-dessus de la cote d'inondabilité."(5)
Ça vous rappelle quelque chose ? Bravo : la DDE
avait émis une note inquiétante sur cette zone
inondable fin 2001 à l'occasion de l'implantation de
Biopolis, "pépinière d'entreprises dédiées aux
industries du vivant et de la santé", à deux pas du
CHU et du CRSSA - Centre de Recherche du Service
de Santé des Armées - également partenaires du
projet.
Biopolis, rappelons-le, a été porté par l'Adebag -
Association pour le développement des
biotechnologies dans l'agglomération grenobloise -
dont le président est Claude Feuerstein(6). Le cumul des
fonctions est une telle habitude chez le techno-gratin
que les chiffres de création d'emplois des
nécrotechnologies doivent en être affectés.
Revenons à notre permis de construire. La notice
architecturale fournie par le bureau Icade G3A signale
la présence d'une animalerie au rez-de-chaussée, ainsi
que de "laboratoires de sécurité biologique (niveau 2
et 3) nécessitant le port de tenues spéciales anticontamination"
les rendant "inaccessibles aux
handicapés". On apprend que "pour le laboratoire L3
(…) sera prévu un caisson de sécurité avec double
ventilateur extracteur et circuit de recyclage pour
désinfection du réseau."
On se souvient que l'affaire Biopolis avait mis au jour
l'existence de plusieurs laboratoires P3 en pleine ville
(dont un au CRSSA et un à l'Institut Jean Roget).
Voici un nouveau spécimen, classé L3, à fort niveau
de confinement (le maximum est L4), dont le
ministère de la Recherche livre quelques
caractéristiques : "pictogramme "danger biologique"
à l'entrée du laboratoire ; fenêtres incassables et
scellées hermétiquement ; port de blouses, gants,
coiffes, surbottes obligatoire", et dont le service
prévention et sécurité du CNRS précise : " L e
laboratoire de niveau 3 appelé L3 pour la
manipulation d’OGM nécessite une prise en compte
(4) Présences, février 2006
(5) Direction départementale de l'équipement, 17/11/04
(6) Cf "Le problème avec Biopolis" et "Derrière l'arbre Biopolis"
sur www.piecesetmaindoeuvre.com
d’un certain nombre de facteurs : dépression du
laboratoire, entrée par un sas, étanchéité du local, air
filtré, recueil des effluents, inactivation des déchets
avant leur élimination, matériel de secours et de
contrôle…"(7)
En clair : "Grenoble Institut des Neurosciences"
(GIN) construit en zone inondable va manipuler des
animaux transgéniques et des éléments hautement
contaminants, par exemple le prion responsable de la
maladie de Creutzfeld-Jacob. Ce que Biopolis n'avait
pas réussi (sous la pression l'Adebag avait supprimé
l'"animalerie de transit" initialement prévue), GIN le
fera. Mission accomplie pour Feuerstein.
L'Institut des Neurosciences n'arrive pas en terrain
vierge à Grenoble. Les labos qui gravitent autour des
sciences cognitives y sont légion : Images et Signaux
(LIS) ; Communication Langagière et Interaction
Personne/Système (CLIPS) ; Psychologie et Neuro-
Cognition (LPNC) ; Techniques de l'Imagerie, de la
Modélisation et de la Cognition (TIMC) ; Institut de
Recherche en Informatique et en Automatique
(INRIA) ; Laboratoire d'Automatique de Grenoble
(LAG), etc. Côté start up, SynapCell est dans la place,
installée - tiens - à Biopolis, avec ses "solutions
d'évaluation préclinique" pour les traitements des
troubles psychiatriques. Comme le note le Daubé :
"au cours de ces dernières années les neurosciences
ont pris sur Grenoble un essor considérable, tant au
sein de l'université Joseph-Fourier (sciences,
technologies et santé), qu'au centre hospitalier
universitaire et au Commissariat à l'énergie
atomique."(8)
Au CEA, c'est le Léti qui pilote la R&D en
neurosciences, au sein de son département
"Microtechnologies pour la biologie et la santé". Le
laboratoire d'Imagerie et systèmes d'acquisition (Lisa)
est notamment impliqué dans le projet Neurocom,
labellisé et financé en partie par le réseau des micro et
nanotechnologies (RMNT) depuis 2003. On y
reviendra. Le Léti, coeur atomique de Minatec et du
CEA Grenoble, n'en finit pas de laisser sa marque sur
notre futur.
II- Où l'on découvre François Berger
L'équipe 7 de l'Institut des Neurosciences, est intitulée
"Nanoneurosciences fondamentales et appliquées", et
dirigée par François Berger. Un personnage
intéressant. Responsable des activités pré-cliniques de
neuro-oncologie dans l'unité 318 de l'Inserm, François
Berger travaille sous la direction de Alim-Louis
Benabid, l'éminence des neurosciences grenobloises
qui traite des malades atteints de Parkinson à l'aide
d'électrodes implantées dans le cerveau. Benabid "est
(7)www.forumlabo.com/2006/abstracts/2004/25mars/securite7/risqu
ebio.htm
(8) Le Daubé, 12/12/05

notamment le père des stimulations cérébrales par
courants de haute fréquence dont il est le premier à
avoir montré l'action inhibitrice sur certaines
dysfonctions cérébrales."(9) Ce traitement, nous
informe le Daubé, "peut s'appliquer aussi sur les
personnes souffrant d'épilepsie et de troubles
obsessionnels compulsifs."(10) Quel rapport entre la
maladie de Parkinson et les "TOC" ? Pas si vite,
lecteur, on y reviendra.
Avec François Berger, membre du réseau européen de
nanobiotechnologies Nano2Life, apparaissent les
"nanoneurosciences" dans le paysage grenoblois. De
quoi s'agit-il ? "Grâce aux avancées en micro et
nanotechnologies, le procédé {NDR : la
neurostimulation par électrodes} devient désormais
plus intelligent et moins invasif, ce qui nous permet
d'accéder à des zones du cerveau autrefois
interdites", précise François Berger. Les résultats sont
là. "Les essais précliniques menés avec cette nouvelle
génération de stimulateurs montrent une disparition
des principaux symptômes de la maladie de
Parkinson", ajoute-t-il, en précisant que "de grandes
avancées sont à attendre des dispositifs situés à
l'interface homme-machine".(11)
Mais encore : "Le laboratoire de l'unité Inserm du
CHU de Grenoble dirigée par le professeur Benabid,
vient tout de même de déposer plusieurs brevets en
nanotechnologies, "liés à la possibilité de faire des
nano-prélèvements dans le cerveau." Prudent,
François Berger professeur et médecin, n'en dira pas
plus. (…) Afin de perfectionner les techniques des
nano-prélèvements du professeur Berger (entre
autres), l'équipe de Francis Chatelain en
collaboration avec le CEA-Léti et des sociétés comme
Apibio s'attèlent à la conception de futurs
nanomatériaux."(12)
Ce n'est qu'un début : à l'initiative de Benabid, le
CEA a déjà mis en route Clinatec, "la clinique du
cerveau", pour mettre "les nanotechnologies au
service de la médecine". Ouverture prévue d'ici trois
ou quatre ans, sur le site de Minatec. "C'est dans un
bâtiment de 2000 m2 que les expériences auront lieu à
raison d'une opération par mois, il s'agira d'un centre
de recherche et non pas d'un hôpital, dont l'activité
serait suivie par un comité d'éthique", d'après Jean
Therme, patron du CEA-Grenoble13. Ouf, on a
échappé au comité d'éthique.
E n n a n o n e u r o s c i e n c e s comme en
nanobiotechnologies, à Grenoble tout passe par le
CEA-Léti et, bien sûr, les industriels. "Eux seuls, en
(9) Le Daubé 20/11/02
(10) Le Daubé 12/01/02
(11) Les Echos, 30/01/06
(12) Les Nouvelles de Grenoble, avril 2004
(13) Le Daubé 16/01/07
effet, possèdent les moyens de réaliser les essais
cliniques indispensables à la validation chez l'homme.
C'est le cas de la société américaine Medtronic, qui
s'est engagée à produire les premiers
neurostimulateurs développés au CHU de Grenoble.
Et cette coopération avec les industriels influence
aussi la pratique des chercheurs de l'unité
Inserm 318, qui n'hésitent plus à breveter avant de
publier. En effet, "rien ne sert de contacter un
industriel si on ne possède pas la propriété
intellectuelle du dispositif, car il n'investira pas",
conclut François Berger."14 Le même assurait devant
l'Office parlementaire d'évaluation des choix
scientifiques et technologiques le 7 novembre 2006 :
"La valeur ajoutée des nanotechnologies transférées
dans le domaine médical est indiscutable au niveau
scientifique et industriel. (…) Nous devons travailler
avec des industriels, nous déposons des brevets et il
n'y a pas de problème éthique en la matière."
La preuve par l'exemple : en 2004 François Berger
était lui-même collaborateur "externe" d'Ecopia
Biosciences. Une société canadienne dont les
préoccupations éthiques jaillissent de ce rapport
d'activité : "Ecopia a bâti un portefeuille de produits
anticancéreux, antibactériens et antifongiques grâce
à sa technologie DECIPHER®, qui lui est exclusive.
Les actions d’Ecopia sont inscrites à la Bourse de
Toronto (symbole : EIA)."(15)
Comment Feuerstein disait-il, déjà ? Ah oui : "Le
potentiel issu de notre activité de recherche doit être
valorisé."(16)
III- Quand les technologies convergent
À Grenoble ces temps-ci, les préfixes prolifèrent -
nanobiotechnologies, bio-informatique et maintenant
nanoneurosciences - et les bâtiment poussent - après
l'INRIA (informatique), Biopolis (biotech), Minatec
(nanotech), voici l'Institut des Neurosciences
(sciences cognitives). Exercice : dessinez un tétraèdre
dont chacun des sommets est occupé par un de ces
bâtiments. Que voyez-vous ? Gagné, le fameux
schéma des NBIC (Nano-Bio-Info-Cogno), ou
"technologies convergentes". Vous venez de réaliser
que la cuvette collabore de facto à ce projet
révolutionnaire d'"amélioration" de l'espèce humaine.
Comme PMO le rabâche depuis cinq ans.
Voilà qui donne un tour global à notre enquête
locale.
Sans détailler à nouveau le projet des NBIC(17),
rappelons qu'il est porté, depuis 2001, par la National
(14) Id.
(15) www.ecopiabio.com
(16) Lors d'une présentation de Biopolis à la Métro 8/03/02
(17) Cf la "Minime introduction aux nanotechnologies",
www.piecesetmaindoeuvre.com

Science Foundation américaine, et exposé dans le
rapport de W. Bainbridge et M.Rocco, "Converging
technologies for improving human performance". Les
auteurs – chercheurs et responsables d'institutions de
financement de la recherche américaine - y
cataloguent les "améliorations" attendues de
l'unification des techno-sciences : nanorobots,
contrôle des objets par la pensée, interconnexion des
cerveaux, augmentation des performances physiques,
avènement d'une nouvelle espèce humaine
"augmentée".
Structures analogues dans les différents champs
(James Canton, "Global Futures")
Que dit le rapport des neurosciences ? "Le cerveau est
l'ultime frontière et découvrir ses mystères produira
d'incroyables bénéfices", parmi lesquels
l'amélioration des capacités sensorielles (implants
artificiels pour l'ouïe, la vue, le toucher), des
machines humanisées s'adaptant au contexte social, au
style de communication et aux besoins de leurs
utilisateurs, la révolution de l'apprentissage (réalité
virtuelle, jeux vidéo, etc), des outils d'amélioration de
la créativité, de la productivité personnelle, mais aussi
de mémoire artificielle ou d'imagination augmentée.
Et finalement, l'intelligence artificielle – pas celle des
robots, celle des humains-machinisés.
Petite notice physiologique
Le neurone est une cellule vivante qui transporte un
courant électrique, l'influx nerveux, vecteur de
l'information au cerveau. Les ondes cérébrales
appartiennent à la catégorie des "extrêmement basses
fréquences" : 8 à 13 Hz au repos (rythme Alpha) ; 15
à 20 Hz en activité (rythme Bêta). Emotions fortes,
anxiété, céphalées et affections neurologiques se
traduisent par une modification de ces fréquences.
La connexion entre les neurones est assurée par les
synapses, qui utilisent des médiateurs chimiques, les
neurotransmetteurs (dopamine, adrénaline,
acétylcholine, etc), pour transmettre l'influx nerveux.
Ondes électriques et neurotransmetteurs constituent la
base de l'activité cérébrale. Toute modification
(chimique, biologique, électrique ou électromagnétique
principalement) des unes ou des autres a
des conséquences sur le fonctionnement de notre
cerveau et de notre système nerveux.
IV – Voir pour manipuler
La pure connaissance des mécanismes cérébraux est
passionnante. Le problème, jeune robot, tient à ce que
les scientistes ne sont pas équipés de l'outillage moral
nécessaire pour explorer le vivant sans le dévaster. Ils
ne fouilleront pas le cerveau de leurs contemporains
sans bâtir un programme de domination et
d'aliénation. Ci-dessous un aperçu.
Cela n'a échappé à personne : comme le cancer, les
maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson,
sclérose en plaques, etc) prolifèrent, et avec elles les
neurotechnologies. L'électro-encéphalographie et la
magnéto-encéphalographie, qui captent les champs
électriques et électro-magnétiques du cerveau, ont été
complétées par la résonance magnétique (IRM) dans
les années 1980, qui permet de visualiser des paquets
de neurones. Plus récente, l'imagerie par résonance
magnétique fonctionnelle (IRMf) pousse
l'investigation jusqu'à voir très localement les
modifications de la consommation d'oxygène par les
neurones, pour en déduire le travail desdits neurones.
Non seulement le cerveau est observable en trois
dimensions, mais son activité peut être décryptée.
Plus fort encore : en mai 2006 une équipe francojaponaise
a présenté l'IRMd, imagerie par résonance
magnétique de diffusion de l'eau, qui permet de
révéler l'activité des neurones aussi bien que
l'architecture fine du tissu neuronal. "Nous espérons
ainsi décupler la puissance de la méthode pour non
seulement mieux voir les réseaux de régions activées
dans les processus sensorimoteurs ou cognitifs, mais
aussi remettre en question les principes de
fonctionnement des neurones", explique au Monde18
Denis Le Bihan, du CEA, qui évoque la "visualisation
des réseaux neuronaux impliqués dans la "pensée" ou
la sous-tendant."
Ça vous dit, vous, d'avoir le Commissariat à l'énergie
atomique dans le cerveau ?
Éthique Feuerstein : "Le grand défi des neurosciences
pour le siècle à venir sera de voir le cerveau
fonctionner, d'aborder par des approches biologiques
des fonctions comme la pensée, l'intellect ou les
émotions. C'est quelque chose de véritablement
révolutionnaire qui est rendu possible grâce aux
progrès extraordinaires de l'imagerie
fonctionnelle."(19)
Après le réductionnisme génétique – tout est gène – le
"tout neurone" des neurosciences. La pensée,
l'intellect, les émotions passés au crible de l'analyse
biologique, voilà qui promet d'intéressantes
déductions sur les fondements de l'humanité.
(18) 17/05/06
(19) Le Daubé 12/12/05
5
Détectera-t-on enfin l'anomalie cérébrale qui prive les
chercheurs de pensée morale et politique ?
Isoler. C'est l'obsession des nécrotechnologies. Les
biologistes moléculaires isolent des gènes, les
neurologues des zones neuronales. Puisque gènes et
neurones font partie de nous, ils sont évidemment
concernés par tout ce qui nous arrive, y compris les
maladies. Nous voilà bien avancés. En isolant
toujours plus, en réduisant la dimension des objets
observés jusqu'à atteindre les briques de base, (gènes,
neurones, atomes), les nécrotechnologies nient la
complexité du vivant, a fortiori de l'humain. Comme
si nous ne vivions pas en symbiose avec le milieu,
comme si la dégradation de celui-ci n'affectait pas le
code auquel ces experts nous réduisent.
Prenez l'obésité. Épidémie de pauvres en pays riches
gavés de malbouffe, amputés de leurs jambes par la
bagnole, élevés en batterie devant des écrans. Après la
démonstration par le "gène de l'obésité" – merci Axel
Kahn - place aux "neurones de l'obésité". "Dans un
autre domaine, celui de l’obésité, la stimulation
électrique profonde ouvre des possibilités
thérapeutiques fort intéressantes. En effet, le
thalamus contrôle la prise alimentaire et donc le
poids. Chez le rat, la stimulation à basse fréquence du
thalamus ventro-médial a un effet anorexigène
{NDR : qui crée l'anorexie}, tandis que la stimulation
haute fréquence de la même zone (tout comme sa
destruction) a un effet stimulant."(20)
Confirmation de François Berger : "On peut
manipuler le comportement alimentaire du singe en
stimulant son hypothalamus. (…) Il y a un réel danger
dans les domaines de l'anorexie ou de l'obésité. La
solution réside dans la surveillance, mais ne consiste
pas à rajouter des réglementations. Avoir des outils
implantés qui traiteront la maladie avant qu'elle
n'apparaisse peut aussi être un avantage, même si
cela a un côté impressionnant."(21)
Si ces Diafoirus s'appliquent à isoler le
dysfonctionnement biologique qui fait de nous les
victimes quasi-coupables de notre maladie, c'est qu'ils
se donnent ainsi le pouvoir d'intervenir sur un objet
qu'ils croient maîtriser. Plus facile, et ô combien plus
exaltant, d'implanter des électrodes dans le cerveau
d'un obèse que de changer le monde qui produit
l'épidémie d'obésité.
Quant à traiter le malade avant que la maladie
n'apparaisse, voilà un nouveau point commun avec la
génétique. Celle-ci prétend détecter nos
prédispositions à tel cancer ; les neurotechnologies
visent la prédiction de maladies comme Alzheimer.
(20) Campagne nationale du Neurodon, Fédération pour la recherche
sur le cerveau
(21) Audition devant l'OPECST, 7/11/06
Vous vous arrangerez avec votre patron ou votre
assureur quand ils découvriront votre horoscope
neuronal.
Voir fonctionner notre cerveau n'intéresserait pas les
neurotechnologies si elles ne pouvaient aussi le
manipuler.
Manipulation 1 : anticiper nos actes
Dans Minority Report les policiers arrêtent les
citoyens avant qu'ils ne commettent un délit grâce à la
"précognition". L'auteur de cette nouvelle,
Philip K.Dick, était lui-même doté de facultés
d'anticipation terribles. Cinquante ans après cette
fiction, l'équipe de Krishna Shenoy à l'université de
Stanford implante des électrodes dans le cerveau de
macaques, "non pas dans la région commandant les
mouvements, mais dans une zone où naît l'intention
de l'action. Les signaux neuronaux leur ont permis de
prédire le mouvement effectué par le primate avant
même que celui-ci ne le réalise."(22)
Le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux se
passionne : "On arrive déjà à mesurer l’intention
d’un sujet à saisir un objet avant que ses muscles
soient contractés. Il est aussi possible, par la
stimulation transcrânienne, d’altérer les intentions
motrices ou les perceptions. Expérimentalement, les
conditions sont fugaces et réversibles, mais on
pourrait imaginer des techniques plus inventives. Il
faut être évidemment très attentif."(23) L'inventivité au
service de la manipulation, un programme qui va
comme un gant à ce ponte du Collège de France qui
écrivait en 1983 : "L’homme n’a dès lors plus rien à
faire de "l’esprit", il lui suffit d’être un homme
neuronal"(24). Note à l'intention des partisans des
comités d'éthique et autres dispositifs d'encadrement
de l'horreur : Changeux fut président du Conseil
consultatif national d'éthique de 1992 à 1998.
Comment mieux encadrer la population qu'en
anticipant, dès l'enfance, les futurs troubles à l'ordre
public ? L'Inserm a tenté la manip' en 2006 avec son
rapport sur le dépistage, la prévention et la prise en
charge des "troubles du comportement" dès l'âge de
3 ans25. Thèse de ces cerveaux de la médecine :
facteurs génétiques et prédispositions cérébrales
expliquent la violence et la délinquance ; ils doivent
donc être dépistés au plus tôt et inscrits sur le carnet
de santé du môme. Judicieux, mais incomplet :
pourquoi ne pas plutôt implanter le dossier médical
sous la peau, sur une puce lisible à distance ?
(22) Le Monde 17/07/06
(23)www.diplomatie.gouv.fr/label_france/index/fr/sciencestechno01.
html
(24) L’Homme neuronal, Fayard, Paris, 1983
(25) http://ist.Inserm.fr/basisrapports/trouble-conduites.html

Manipulation 2 : lire dans nos têtes
Patrick Le Lay, PDG de TF1, est homme de progrès.
Sa sortie sur le "temps de cerveau disponible" vendu à
la pub Coca s'inspirait sans doute des dernières
recherches en neurologie.
La tête du client
"Que ne donnerions-nous pas pour savoir ce qui se
passe réellement dans la tête de nos clients ? (…)
Pour cerner cette part inconsciente qui dicte nos
achats et notre fidélité aux produits et aux marques,
l'auteur {NDR : Gérard Zaltman, auteur de "Dans la
tête du client"} nous invite à considérer la richesse
cognitive que les neurosciences peuvent apporter au
marketing. Celles-ci étudient l'organe complexe et
puissant qu'est le cerveau humain. (…) Plusieurs
méthodes de neuro-imagerie sont aussi abordées, qui,
appliquées à la communication commerciale, donnent
également des résultats prometteurs."(26)
Les objets communicants (RFID, etc) concoctés par
les nanomanipulateurs peuvent déjà nous repérer dans
une rue et nous attirer vers un commerce. Le
"neuromarketing" complète la panoplie en tâchant
d'identifier, grâce à la neuro-imagerie, les
mécanismes cérébraux liés à la décision d'achat.
"Disposant de telles données, il serait possible de
créer une nouvelle génération de campagnes
publicitaires beaucoup plus ciblées", estimait en 2003
Olivier Oullier(27), chercheur en neurosciences. Trois
ans plus tard, le même complétait : "Dans dix ans les
résolutions spatiales et temporelles auront progressé.
On ne lira pas dans la tête des gens, mais on pourra
tenter de prédire leurs réactions."(28)
Les industriels chers au coeur de François Berger s'y
emploient, tel DaimlerChrysler, et "beaucoup
d'entreprises s'y intéressent sans le dire. Il y a une
omerta, une peur de l'opinion publique"(29), note
Oullier. À l'université de Harvard, le programme
"Mind of Market" vise à déterminer les zones
cérébrales activées par les messages publicitaires et à
identifier les types de messages qui s'incrustent le
plus profondément en nous.
Révolutionnaire, se réjouit Feuerstein.
La tête au carré
Le contenu de nos têtes n'intéresse pas que les
commerçants, on s'en doute. Comme le professe
Stanislas Dehaene depuis sa chaire de Psychologie
cognitive expérimentale du Collège de France : "le
décodage cérébral apporte des informations
supplémentaires, invisibles dans le comportement.
L'imagerie cérébrale (…) peut désambiguïser les
réponses comportementales. Un décodeur efficace
permettrait de se passer de toute réponse
(26) www.institut-expression.com
(27) Le Monde, 25/10/03
(28) Le Monde, 30/04/06
(29) Idem
comportementale. Le décodage pourrait présenter
une utilité pratique : interfaces neuro-informatiques,
"bio-feedback", détecteur de mensonges…"(30) En
français : l'IRM fonctionnelle (IRMf) peut fouiller
votre cervelle pour en extraire la vérité. Vous pensez
que l'on n'osera jamais faire ça ? Lisez plutôt :
"L'IRMf est sur le point de transformer l'industrie
sécuritaire, le système judiciaire et notre conception
fondamentale de la vie privée. Je suis dans un labo de
l'université Columbia, où des scientifiques utilisent la
technologie pour analyser les différences cognitives
entre la vérité et le mensonge. En cartographiant les
circuits neuronaux de la supercherie, les chercheurs
transforment l'IRMf en un nouveau type de détecteur
de mensonges (…). Mon hôte pour l'expérience de ce
matin est Joy Hirsch, neurologue et fondatrice du
centre de recherche sur l'IRMf de Columbia, qui m'a
offert un séjour dans le scanner pour me donner une
idée du futur proche. Cette année, deux start up
lanceront des services commerciaux de détection de
mensonges par IRMf, destinés dans un premier temps
aux individus qui pensent avoir été injustement
accusés de crimes."31 Dans un deuxième temps, l'outil
servira à vérifier que vous êtes loyal envers votre
patron, que vous avez tout dit à votre assureur, que
vous n'avez pas de mauvaises pensées envers le
pouvoir. Où est le problème si vous n'avez rien à vous
reprocher ? Puisque vous avez déjà accepté la
vidéosurveillance, la biométrie, les contrôles ADN,
les puces RFID ? Puisque c'est pour votre sécurité ?
C'est ce que pense Britten Chance, biophysicien de
l'université de Pennsylvania, spécialiste de l'étude des
"signaux insaisissables" depuis la seconde guerre
mondiale. Sa dernière contribution au progrès
humain : un détecteur de mensonges portatif utilisant
des rayons proches des infrarouges, qui mesurent les
mêmes changements du flux sanguin que l'IRMf.
L'outil est en voie de perfectionnement pour, espère
son inventeur, être utilisé dans les aéroports. Il est
financé par l'Office of Naval Research et a reçu l'aval
du directeur du centre de bioéthique de l'université en
ces termes : "Le personnel d'aéroport est autorisé à
fouiller votre sac, vos biens et même votre corps. À
mon avis il n'y a pas de règle restrictive qui dise que
c'est forcément mal de scanner quelqu'un à son
insu."32
Manipulation 3 : modifier nos comportements
Chacun sait que les occidentaux jouissent des
"progrès" de la société industrielle à coup de
tranquillisants et d'anti-dépresseurs. La chimie a su
fournir un arsenal performant à la psychiatrie
(30) Cours au Collège de France : "L'imagerie cérébrale peut-elle
décoder le contenu de la pensée ?"
(31)www.wired.com/wired/archive/14.01/lying_pr.html
(32) Idem

dépassée par le mal-être croissant des victimes de ce
monde machinisé.
Les enfants sont de plus en plus ciblés, notamment
ceux qui souffrent de "déficit de l'attention" et
d'hyperactivité (hyperkinésie). Les neurotechnologies
ont la solution chimique : le méthylphénidate, connu
sous le nom de Ritaline, qui agit sur la dopamine. Aux
Etats-Unis 7 % des enfants de 6 à 11 ans prennent la
pilule qui calme.(33) Tranquillité assurée pour parents et
instit' de mômes "trop vivants". Il y a 30 ans le
chercheur en psychologie Guy Tiberghien (plus tard
patron du labo grenoblois de psychologie et neurocognition)
dénonçait déjà un contrôle psycho-social :
"les symptômes qui conduisent au diagnostic
d'hyperkinésie (hyperactivité psycho-motrice) tendent
à devenir de plus en plus flous et leur signification
clinique, voire sociale, se modifie rapidement : des
manifestations agressives, une légère instabilité
motrice, une résistance à l'autorité des parents ou du
maître, et le diagnostic d'hyperkinésie est posé. (…)
Certes, il n'est pas question d'affirmer que cette "mise
en condition" pharmacologique est le résultat d'un
projet conscient, mais elle s'insère dans une logique
sociale visant à obtenir la régulation la plus précise
possible des comportements et des opinions. L'objectif
est toujours le même ; réduire l'agressivité, la non
conformité, la résistance aux supérieurs
hiérarchiques."(34)
Dépression et TOC (troubles obsessionnels
compulsifs) menacent-ils l'équilibre social et la
productivité ? Revoilà le docteur Benabid et ses
électrodes magiques, soutenus avec un enthousiasme
tout philanthropique par le cluster(35) rhônalpin
"Handicap, Vieillissement et Neurosciences"
coordonné devinez par qui ? Feuerstein soi-même.
"Cette technique apparaît aujourd'hui présenter un
potentiel d'applications considérable ; et elle peut
être envisagée, voire déjà utilisée, avec grande
efficacité et succès, pour (…) certaines épilepsies et
pathologies douloureuses ou psychiatriques (Troubles
Obsessionnels Compulsifs, Dépression, etc.). Il est
ainsi de la responsabilité de la Région de soutenir les
développements futurs de cette thérapeutique
fonctionnelle efficace { q u i } contribue au
rayonnement des équipes régionales remarquables
qui la font progresser pour l'optimiser et étendre ses
applications, en vue de permettre à Rhône-Alpes de
maintenir son rôle pionnier mondial. (…) Par
ailleurs, une collaboration avec le CEA et le LETI
devrait être à même de développer de nouvelles
innovations technologiques très pointues
(miniaturisation et programmation des stimulateurs,
(33) Source : The Economist, 25/05/02
(34) G. Tiberghien, "Psychologie, idéologie et répression politique"
in revue "Psychologie Française", mai 1977
(35) Regroupement de labos privés et publics, d'universités et
d'entreprises.
asservissement de la thérapeutique au signal cérébral
électrophysiologique enregistré en continu)
conduisant vraisemblablement à des retombées
industrielles non négligeables."(36)
Quant à la thérapeutique contre l'obsession
compulsive des chercheurs pour la compétition et les
retombées lucratives, elle n'est manifestement pas au
point.
Qu'ils nous permettent de leur suggérer, pour
améliorer leurs performances, la méthode de leurs
collègues américains du National Institute for Mental
Health. Ceux-ci ont manipulé des singes, inhibant
l'expression d'un gène impliqué dans la réception de
la dopamine, neurotransmetteur qui s'avère utile pour
faire le lien entre une tâche et le bénéfice qu'on en
attend. Ce mécanisme détruit, les singes se montrent
parfaitement désintéressés et accomplissent les
missions qu'on leur confie avec une ardeur sans
pareille(37). On vous laisse imaginer les "retombées
industrielles" d'une telle trouvaille.
Nous voici donc équipés d'un moral d'acier. Phase
suivante : se comporter comme il faut.
John Chapin (université de New York) a implanté
dans le cerveau de rats des électrodes associées à un
dispositif de télécommande. Expérience amusante :
envoyer des impulsions électriques à des zones
cérébrales pour diriger le roborat à distance. "Les
animaux confondent le signal électrique avec la
sensation réelle de contact de leur moustache avec un
obstacle. Ensuite, pour qu'ils prennent la bonne
décision, il suffit d'associer cette dernière avec la
récompense, électrique elle aussi."(38)
De quoi extraire l'humanité de sa neurasthénie.
Le process des électrodes étant un peu lourd, les
ondes électromagnétiques se révèlent une bonne
alternative pour le "contrôle physique de l'esprit" et la
"société psychocivilisée"39 qu'appelait de ses voeux le
physiologiste américain José Delgado dans les années
1970. Oh à propos, Delgado est ce scientifique qui
arrêta un taureau en pleine charge, en envoyant un
signal radio à distance aux électrodes implantées dans
le cerveau de l'animal.
Découvrons l'étude prospective publiée par l'US Air
Force en 1996 : "On peut envisager le développement
de sources d'énergie électromagnétique, dont le débit
peut être pulsé, façonné, et concentré, et qui peut se
coupler au corps humain de manière à empêcher les
mouvements musculaires volontaires, à contrôler les
émotions (et donc les actions), à produire le sommeil,
(36) www.grenoble-universites.fr/1163429726042/0/fiche___article/
(37) Résultats publiés dans Proceedings of the National Academy of
Sciences 17/08/04 (Richmond, Zheng Liu, Edward Ginns)
(38) Le Monde, 6/05/02
39 "Physical control of the mind : towards a psychocivilized
society", J. Delgado, 1969
8
à transmettre des suggestions, à interférer avec la
mémoire à court terme et à long terme, à produire un
ensemble d'expériences, et à supprimer un ensemble
d'expériences."(40)
Personnellement, vous trouveriez immoral et
inhumain de contrôler les émotions ou d'effacer les
souvenirs de vos proches. Rassurez-vous : l'armée et
la police n'ont guère l'intention de partager avec vous
des outils de domination aussi ultimes.
La stimulation magnétique transcrânienne (SMT)
évoquée plus haut par l'illustre Changeux montre ce
qu'on peut faire d'un cerveau normal. Prenez un
individu lambda, placez-le sous ce casque de salon de
coiffure équipé d'électro-aimants. Quelques
impulsions dirigées vers les lobes cérébraux modifient
temporairement l'activité électrique du cortex. Votre
cobaye devient, selon les zones concernées, super
doué ou complètement stupide. Les expériences
menées en Australie par Allan Snyder, à Oxford par J.
Devlin, au Canada par Michael Persinger le
démontrent. Ce dernier, qui produit aussi des faux
souvenirs chez ses cobayes, évoque la possibilité de
contrôler à distance tous les cerveaux(41). À l'hôpital
Sud de Grenoble, il se murmure que des dépressifs
auraient été soumis à leur insu à des tests de SMT,
dont les résultats catastrophiques auraient brutalement
interrompu l'expérience. On n'en saura pas plus, les
laboratoires de neurosciences ne communiquant guère
sur leurs studieuses manipulations.
Qu'importe, puisque le Comité consultatif national
d'éthique considère depuis avril 2002 que la SMT
peut en toute éthique traiter des problèmes
psychiatriques tels que les TOC. Ce ne sont pas les
psychiatres signataires de la pétition "Contre la
réification de l'humain" qui auraient pu le faire
changer d'avis(42).
*****
Pause publicitaire
À propos d'impulsions électromagnétiques, comment
va votre téléphone portable ? Impossible de faire
l'impasse sur la prothèse universelle, puisqu'elle émet,
entre autres, des extrêmement basses fréquences de 2,
4, 8 ou 16 Hz. Celles qui interfèrent avec votre radio
quand on vous appelle. Interrogez-vous sur leur
influence sur le cerveau, qui fonctionne sur des
fréquences proches. Des études ont montré une
diminution de l'acétylcholine sous l'effet d'ondes
(40) US Air Force, "New wolrd vistas : Air and space power for the
21st century", 1996
(41) "Sur la possibilité de contrôle à distance de tous les cerveaux
humains par l’induction électromagnétique d’algorithmes
fondamentaux", M.A Persinger, in Perceptual and Motor Skills,
juin 1995
(42) http://www.psy-desir.com/textes/spip.php?article183
pulsées à 16 Hz43. L'acétylcholine est ce
neurotransmetteur indispensable à la mémoire, à
l'attention, et au mouvement. Vous avez dit
Alzheimer ?
*****
Avouons-le : à éplucher ces informations on est
parfois pris d'abattement. La tentation de céder à
l'idée du "bluff technologique" guette. Mais les faits
sont têtus. Ainsi tombe-t-on sur cette question posée
au gouvernement par un député UMP fin 2004 :
"M. Claude Goasguen attire l'attention de M. le
ministre délégué à la recherche, sur la recherche et le
développement des psychotechnologies. Ces
technologies sont basées sur les connaissances des
processus de fonctionnement du cerveau humain et
sur celles dans les domaines chimique, électrique et
des ondes sonores. Les psychotechnologies peuvent
donc faire l'objet de recherche et de développement,
tant militaire que civile (sic), pour être utilisées
comme armes non létales. Les manipulations de
l'homme qui autrefois relevaient de la littérature de
science-fiction s'avèrent aujourd'hui scientifiquement
réalisables. Le progrès, dans les domaines de la
science, nous oblige donc à redéfinir l'éthique et la
morale. (…) C'est pourquoi il souhaite savoir quelles
sont les mesures envisagées par le Gouvernement
pour garantir le strict contrôle des
psychotechnologies."(44)
Question réitérée en des termes voisins quelques mois
plus tard par André Santini. Il faut croire que la
réponse du ministère (réglementation, bioéthique,
blablabla) n'était pas satisfaisante. Tout juste
confirmait-elle l'existence de "technologies
permettant de modifier le comportement humain"
parmi lesquelles "l'inhalation de nanoparticules de
psychotropes".
Pardon ? Qu'est-ce que cette histoire ?
Le gouvernement français évoque en toute
désinvolture la possibilité technique de manipuler les
gens en leur faisant inhaler des nanoparticules ?
Tant pis pour l'abattement, cherchons.
"Dans un article paru dans la revue Arms Control
Today, Mark Wheelis parcourt les multiples
perspectives d’emploi qu’offriront, à court, moyen et
long termes, les nanotechnologies dès l’instant où
elles seront associées aux agents biologiques et
chimiques. Selon l’auteur, les récentes connaissances
accumulées dans le domaine de l’étude du système
nerveux humain laissent présager le développement
d’agents infectieux qui se révéleront aptes à contrôler
43 "Response of brain receptor systems to microwave energy
exposure" in " On the Nature of Electromagnetic Field
Interactions with Biological Systems", Kolomitkin, Kusnetsov,
Yurinska, Zharikov, Zharikova (1994). Cité par Annie Lobé,
"Téléphone portable et contrôle comportemental", revue Nexus,
janv-fév 04
(44) http://questions.assemblee-nationale.fr
9
le comportement. (…) De tels agents biochimiques de
type "nano inside" pourraient donner lieu à des
applications d’une efficacité imparable, notamment
en vue de soumettre des terroristes – ou des citoyens
– à la question. Les agents biochimiques
nanostructurés permettraient à ceux qui y ont recours
d’influer sur l’équilibre psychique d’un individu
faisant passer celui-ci par différents états
comportementaux (délires, euphories, sentiments de
dépression, de panique, propension à la soumission,
etc.). (…) Dans le but d’éviter, lors de crises
internationales, un envoi de troupes dont la sécurité
ne serait pas suffisamment garantie aux yeux de
l’opinion publique, un gouvernement pourrait être
tenté de recourir à des agents qui modifieraient en
profondeur les prédispositions psychologiques et
cognitives des populations sur place, et donc des
combattants."(45)
Bel exemple de convergence des technologies.
Rendons-nous à l'évidence : la manipulation des
cerveaux à grande échelle n'est pas du bluff
technologique.
V – Homme-machine : le cerveau connecté
Les électrodes de Benabid sont les embryons des
interfaces homme-machine : le programme de
robotisation de l'espèce fait ces temps-ci des pas de
géant en s'appuyant sur les technologies convergentes.
Comme son nom l'indique, une interface permet les
communications dans les deux sens : le cerveau
commande la machine et réciproquement. Quelques
exemples :
- John Donoghue, prof de neurosciences à l'université
de Brown (US) et patron de la boîte Cyberkinetics,
implante dans le cerveau de paralysés un minuscule
carré de silicone hérissé d'électrodes et relié à un
ordinateur via un fil électrique. Quand le patient
imagine bouger son bras, les électrodes captent les
impulsions électriques des neurones et les
transmettent à un logiciel qui les traduit en
mouvement de curseur informatique(46).
- Moins invasif, n'exigeant aucune opération, le
"bonnet à électrodes" se met sur la tête comme il se
doit. Ses capteurs enregistrent les ondes
électromagnétiques produites par les neurones sous
l'os.
Hitachi s'inspire de cette technique pour sa récente
interface permettant de commander un interrupteur
(on/off) par la pensée. Son dispositif s'appuie sur la
topographie optique, qui emploie la lumière proche de
(45) Les Cahiers du RMES, Réseau multidisciplinaire d'études
stratégiques, été 2006
(46) Science & Vie juillet 2005
l'infrarouge pour tracer la concentration de
l'hémoglobine du sang dans le cerveau – le même
principe que le détecteur de mensonges portable du
vieux Britten. Et vous savez quoi ? Hitachi prévoit de
commercialiser son bonnet, perfectionné, d'ici cinq
ans47. Réservez vite le vôtre.
- L'Union européenne finance à hauteur de 3 M€ le
projet NanoBioTact. Il s'agit de créer un doigt
"biomimétique" pouvant être connecté au système
nerveux pour donner la sensation du toucher. L'étape
précédente, la main ("Cyberhand"), a été franchie
avec succès lors d'un précédent projet européen, et on
sait que les Américains ont greffé des bras artificiels à
deux amputés. Grâce à des capteurs de type MEMS
(micro-electro-mechanical systems, développés entre
autres par Memscap à Bernin près de Grenoble), le
doigt bionique est annoncé pour dans trois ans(48).
- À Grenoble, le Léti concocte des "dispositifs
implantables de deuxième génération, capables
d'associer la fonction d'enregistrement des échanges
neuronaux, de traiter localement les données et de
stimuler électriquement ou chimiquement, et à la
demande, des zones particulières du cerveau."(49)
Comment ça marche ? Avec des "matrices de
microélectrodes" : imaginez un mini-tapis de fakir,
hérissé de multiples électrodes à l'échelle des
neurones. "Plusieurs milliers de microélectrodes
venant au contact d’un tissu nerveux vivant
enregistreront l’activité électrique globale du réseau
de neurones avec une résolution spatiale de l'ordre de
50–100 microns, et produiront des stimulations
contrôlées dans l’espace cérébral et dans le temps"(50).
Parmi leurs applications : les implants rétiniens et
cochléaires (rétines et oreilles artificielles) et les
interfaces homme-machine(51). Ces implants sont
développés dans le cadre du projet Neurocom, dont
les partenaires, outre le Léti, sont la société Memscap
bien connue de nos services(52), le CNRS et l'Ecole
supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et
électronique.
Homme augmenté, humanité diminuée
L'hybridation cerveau-électronique est la clé de
l'"homme augmenté" recherché ouvertement par les
transhumanistes, hypocritement par les chercheursqui-
ne-font-que-leur-travail. Côté transhumanistes,
Mihail Rocco, conseiller de la National Science
Foundation pour les nanotechnologies, ne cachait pas
(47) Daily Tech, 20/11/06
(48) automatesintelligents.com, 3/01/07
(49) Lettre de Minatec n°9, sept 2005
(50) Cf Dossier Neurosciences sur www.parisdeveloppement.com
(51) "Contribution à l'étude et à la réalisation d'un système
électronique de mesure et d'excitation de tissus nerveux à
matrices de microélectrodes", Céline Moulin, thèse INSA, sept.
2006
(52) "Nanotechnologies, maxiservitude", op. cité
10
son enthousiasme en juillet 2005 : " L e s
nanotechnologies sont en train de devenir les étoiles
les plus brillantes de la médecine et des sciences
cognitives". La NSF venait d'annoncer son nouveau
projet : introduire des nanofils dans le système
sanguin et les conduire jusqu'au cerveau. "Chaque
nanofil serait alors utilisé pour enregistrer l'activité
électrique d'un neurone ou d'un groupe de neurones.
(…) En fournissant des informations à l'échelle des
cellules nerveuses, la technique des nanofils
fournirait des images beaucoup plus nettes."(53)
On l'a vu, le Grenoblois François Berger mise lui
aussi sur les nanos : "On sait qu'en utilisant des
nanotubes de carbone, on pourra améliorer
l'intégration et viser une interface physiologique dans
le cerveau. (…) il est impensable de lancer ce type
d'étude chez l'homme avant d'avoir mené une analyse
toxicologique très étendue. C'est ce que nous faisons
actuellement, en collaboration avec le LETI. Nous
déterminons quels sont les meilleurs nanotubes et
cherchons comment les modifier pour qu'ils
s'intègrent au mieux dans le cerveau sans toxicité."(54)
Ah bon ! si on sélectionne les meilleurs nanotubes,
tout va pour le mieux dans le Meilleur des Mondes,
alors. Faisons confiance à François Berger pour nous
y guider, lui qui sait si bien concilier éthique et
innovation : "Conscient que l'utilisation des
microimplants et des nanoimplants posait
d'importants problèmes éthiques, le Comité d'éthique
de NanoToLife, auquel j'appartiens (…), a mené une
réflexion depuis un an (…) Quel serait le statut de cet
homme hybride qui aurait un dispositif implanté ? Il
s'agit là probablement d'une modification de
l'humanité qu'il faudra intégrer. Trop de régulation
tue l'innovation. Nous disposons d'une réglementation
très rigoureuse et coûteuse (…). On veut actuellement
la renforcer : or, cela ralentit nettement l'innovation
et s'oppose au progrès médical."(55)
Une fois les questions "éthiques" liquidées, il sera
temps de passer à la suite : hippocampe artificiel,
amplificateur sensoriel et bien sûr, téléphone dentaire.
"L’implantation dans le cerveau d’une puce capable
de restaurer ou d’améliorer la mémoire est un autre
exemple de future prothèse cérébrale. L’hippocampe
joue un rôle essentiel dans l’enregistrement des
souvenirs. Contrairement à des dispositifs comme les
implants cochléaires, qui stimulent simplement
l’activité cérébrale, la puce en question exécutera les
mêmes processus que la partie endommagée du
cerveau qu’elle remplacera (…). Les informaticiens
ont annoncé que, dans les vingt prochaines années,
des interfaces neuronales seraient conçues qui non
seulement augmenteraient la gamme dynamique des
(53) Wiring the Brain at the Nanoscale, www.nsf.gov
(54) Audition devant l'OPECST, 7/11/06
(55) Idem
sens, mais amélioreraient aussi la mémoire et
permettraient la "cyber-pensée" – c'est-à-dire la
communication invisible avec les autres. Sont
notamment envisagés :
• l’implant prothétique cortical ("amplificateur"
sensoriel ou d’intelligence) : initialement conçu pour
les aveugles, l’implant cortical permettra aux
porteurs "sains" d’avoir en permanence accès à des
informations transmises par ordinateur, sur la base
soit des images captées par une caméra numérique,
soit d’une interface constituée d'une "fenêtre"
artificielle;
• la vision artificielle : selon de récents travaux de
recherche qui portaient sur le développement d’une
rétine artificielle, il sera un jour possible de voir dans
l'infrarouge. La vidéo-caméra normale pourra alors
être remplacée par une caméra infrarouge ;
• l’implant téléphonique dentaire ou téléphone
dentaire : conçu en 2002, l’implant téléphonique
dentaire n’existe encore qu’à l’état de prototype. Un
microvibrateur et un récepteur d'ondes basse
fréquence sont implantés dans une dent au cours
d'une banale opération de chirurgie dentaire. La dent
opérée peut alors communiquer avec toute une série
d’appareils numériques (téléphones portables, radios
et ordinateurs). Le son est transféré à l'oreille interne
par résonance osseuse. La réception étant absolument
indétectable, des informations peuvent être reçues
n’importe où, n’importe quand."56
Quand le Groupe européen d'éthique énonce aussi
posément les détails de la robotisation, il n'est rien à
ajouter. Si ce n'est que ceux qui refuseront ces
neuroprothèses risquent bien, selon le mot du
cybernéticien Warwick, de devenir les "chimpanzés"
des cyborgs qui remplaceront l'humanité.
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notamment par la DARPA, l'agence de recherche de
l'armée américaine, utilisent eux aussi la lumière
proche de l'infrarouge (Near Infrared Light) pour
capter l'activité cérébrale. L'interface permet à
l'ordinateur de détecter votre état (chute d'attention,
fatigue, baisse d'acuité sensorielle, etc) et de
déclencher des stratégies d'augmentation de la
performance. Par exemple en vous présentant les
informations sous une autre forme (son, texte, image,
(56) Aspects éthiques des implants TIC dans le corps humain,
Groupe européen d'éthique, mars 2005
11
etc). Outre l'armée, le secteur éducatif envisage
d'utiliser ces casques intelligents pour former les
jeunes cervelles. Réservez dès aujourd'hui votre
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VI - Maladies de civilisation, civilisation malade
De notre enquête émerge une évidence : les maladies
neurologiques et les souffrances mentales sont aux
neurotechnologies ce que le cancer est aux nanobiotechnologies
: une vitrine sanitaire. Qui s'élèverait
raisonnablement contre ces efforts pour soigner les
malades d'Alzheimer, de Parkinson, de sclérose en
plaques, de dépression, de troubles du
comportement ?
Sans compter que, par les temps qui courent, on
risque tous d'y passer. Jugez plutôt :
- plus de 24 millions d'Alzheimer dans le monde, et
leur nombre devrait doubler tous les 20 ans(57) ;
- 100 000 malades de Parkinson en France (9000
nouveaux cas par an)(58) ;
- 3 millions de dépressifs recensés en France, 130 000
tentatives de suicides(59) ;
- 70 000 sclérosés en plaques français (25 000 en
1968). Etc.
C'est simple, les médicaments du système nerveux
central représentent le deuxième marché sanitaire
mondial (17 % des ventes, 72 milliards $ en 2003)(60).
(Certes, plusieurs équipes de chercheurs chinois et
coréens ont montré qu'on pouvait traiter la maladie de
Parkinson et agir sur la dopamine par cette bonne
vieille acupuncture(61). Ne le répétez pas aux hérauts de
l'électrode et des nanotubes, être comparés à des
guérisseurs archaïques leur collerait des
tremblements.)
Tous, nous frémissons à l'idée de finir en légumes à
roulettes – ce qui soit dit en passant devrait tempérer
les clameurs scientistes sur l'allongement de la durée
de la vie. Cette peur, personne ne l'instrumentalise
mieux que le techno-gratin. Voyez comme ces
chercheurs et décideurs, si prompts à accuser leurs
opposants de "manipuler des peurs irrationnelles"
(Michel Destot, à l'inauguration de Minatec), nous
paralysent comme des renards dans les phares de leur
4x4, jouant de la menace d'une probable déchéance
neuropsychique. Il ne leur reste plus qu'à poser en
sauveteurs dévoués, il ne nous reste plus qu'à leur
(57) AFP, 16/12/05
(58) www.parisdeveloppement.com
(59) Les Echos, 13/02/07
(60) Document "Neurosciences" de la région Ile-de-France
(61) Acupuncture inhibits microglial activation and inflammatory
events in the MPTP-induced mouse model. Jun Mo Kang , Hi
Joon Park , Yeong Gon Choi , Il Hwan Choe , Jae Hyun Park ,
Yong Sik Kim , Sabina Lim, 13/12/06
confier nos cerveaux tremblants. Et à gober ce genre
d'annonce du professeur François Berger : "on est
bien en présence d'une révolution, potentiellement
difficile à assimiler, qui constitue le passage de la
médecine anatomo-clinique à la nanomédecine. Cela
revient à traiter la maladie avant qu'elle n'émerge et
on passe alors à un autre statut de l'homme
malade."62
Un détail devrait pourtant nous faire tiquer. La
communication grand public sur les maladies
neurodégénératives, dégoulinante d'"avancées
scientifiques" et d'"espoir de la technologie",
mentionne systématiquement : "cause inconnue".
Pressés de nous scanner, de nous implanter, de nous
électrostimuler, les docteurs du neuromonde balaient
d'un revers de scalpel la question de l'origine de ces
"maladies de civilisation" qui font leur gloire et leur
carrière.
Tâchons donc, pour nous, de réfléchir
rationnellement. Rassemblons les éléments
disponibles dans la littérature :
- "Une "épidémie silencieuse" de troubles du
développement neurologique est en cours, en raison
des produits chimiques industriels présents dans
l'environnement, qui altèrent le développement
cérébral des foetus et des jeunes enfants. Ce sont les
conclusions d'une analyse de chercheurs de la
Harvard School of Public Health (HSPH) et de la
Mount Sinai School of Medicine, qui pointe 201
produits chimiques – la plupart étant courants –
connus pour les dommages neurologiques durables
qu'ils infligent aux humains. (…) les conséquences
d'une exposition aux neurotoxiques durant l'enfance
peuvent inclure un risque accru de maladie de
P a r k i n s o n e t d ' a u t r e s m a l a d i e s
neurodégénératives."(63)
- Confirmation pour Parkinson : "une exposition
chronique à un pesticide commun peut reproduire les
caractéristiques anatomiques, neurochimiques,
comportementales et neuropathologiques de la
maladie de Parkinson."(64)
- En Gironde, une étude rendue publique en mars
2006 conclut que le risque de tumeur du cerveau est
2,6 fois supérieur chez les utilisateurs de pesticides65.
- D'après les chercheurs d'Alzheimer's Disease
International, la prévention de cette maladie "devrait
(62) Audition devant l'OPECST, 7/11/06
(63) "Brain pollution : common chemicals are damaging young
minds", Harvard University Gazette, 1/02/07
(64) Chronic systemic pesticide exposure reproduces features of
Parkinson's disease. Betarbet, Sherer, MacKenzie, Garcia-Osuna,
Panov, Greenamyre. Emory University, Atlanta.
(65) Après nous le déluge ? JM Pelt, GE Séralini (Fayard, 2006)
12
notamment porter sur les facteurs de risque
vasculaires, dont l'hypertension et le tabagisme, mais
aussi la forme de diabète la plus courante favorisée
par l'excès de poids et la sédentarité." (66) Les études
sur le diabète concluent que "les diabétiques ont un
plus grand taux de déclin des fonctions cognitives et
un plus grand risque de déclin cognitif."(67)
- Les métaux lourds sont unanimement considérés
comme neurotoxiques, en particulier le plomb, le
méthylmercure, l'aluminium. Sur 13 études
épidémiologiques recensées en 2001 examinant
l'association potentielle entre aluminium et maladie
d'Alzheimer, 9 ont montré une association
statistiquement significative(68).
Le plomb, puissante neurotoxine, provoque des
ravages chez les enfants : "ils sont plus exposés aux
dommages portés au système nerveux, dont des
réductions de QI, des difficultés à lire et des
difficultés d'apprentissage, des altérations auditives,
des déficits de l'attention, de l'hyperactivité, des
troubles du comportement et de la croissance"(69).
D'après la Commission royale sur la pollution de
l'environnement (GB), "l'existence d'un endroit de la
surface de la terre ou d'une forme de vie qui n'ait pas
été contaminé par le plomb anthropogénique {NDR :
produit par l'homme} est douteuse"(70). Les marchands
de Ritaline et d'électrodes ne sont pas encore ruinés.
- De nombreuses études conduites après la
catastrophe de Tchernobyl, mais aussi chez les
survivants d'Hiroshima, ou auprès des vétérans
américains de la Guerre du Golfe exposés à l'uranium
appauvri, aboutissent à la même conclusion : les
radiations nucléaires provoquent des atteintes
neuronales dans l'hémisphère cérébral gauche, y
compris chez les enfants irradiés in utero après
l'explosion de Tchernobyl. Ces atteintes se traduisent
par des troubles neuropsychiques importants
(schizophrénie, épilepsies, troubles mentaux, perte de
mémoire).(71)
- La pollution électromagnétique est mise en cause
dans des perturbations neurologiques. Les opérateurs
de téléphonie mobile déconseillent aujourd'hui de
donner leurs gadgets à des enfants de moins de
14 ans, dont le cerveau est en formation. Sans doute
savent-ils que des rats exposés au rayonnement d'un
portable pendant 2 heures perdent des neurones(72), et
que leurs vieux jours s'annoncent pénibles.
(66) AFP, 16/12/05
(67) Cognitive decline and dementia in diabetes - systematic
overview of prospective observational studies. Cukierman,
Gerstein, Williamson. (Diabetologia 2005)
(68) Données toxicologiques de l'INERIS, 2005
(69) L'histoire secrète du plomb, J. Lincoln Kitman, (Allia 2005)
(70) Idem
(71) Cf M. Fernex, revue Le Dniepr, 26/04/06
(72) Revue Environnemental Health Perspectives, 2003
Poisons chimiques, malbouffe, métaux lourds,
pollution nucléaire et électromagnétique : le tableau
de la société industrielle est quasi complet.
Non seulement ce monde-machine affole et désespère
un nombre croissant d'humains pas encore hybridés,
mais la dévastation du milieu attaque directement
notre cerveau.
Les neurotechnologies, comme les nanobiotechnologies,
sont l'inverse du progrès : elles sont
l'aveu d'une catastrophe. Elles ne doivent leur
expansion et leur puissance qu'à la destruction des
conditions minimales de survie.
Ergo sum
La lutte contre le projet de robotisation de l'espèce
humaine ne peut faire l'économie de la mise à jour des
liens entre les causes et les effets. L'artificialisation du
monde et notre déshumanisation ne sont rendues
acceptables que par le chantage à la maladie. Laquelle
découle de la vague précédente d'artificialisation et de
soumission. Parce que nous avons laissé la chimie
nous ravager, nous devons aujourd'hui affronter les
neuro et nanobiotechnologies. C'est ainsi qu'avance le
front de la guerre au vivant, charriant sur sa ligne de
crête le rapport de forces. Qu'avons-nous pour nous ?
Nos idées. Notre faculté de faire le lien et notre envie
de savoir. Celui qui sait ne peut plus faire semblant
d'ignorer. Maintenant que vous savez, faites savoir, et
tâchez d'en savoir plus.
L'intérêt que porte le pouvoir à la manipulation des
cerveaux révèle toute la puissance qu'il en peut
craindre. Si penser n'était pas cette activité subversive
et redoutable, nos maîtres ne déploieraient pas tant
d'ardeur à l'annihiler. Avant de gémir, trop tard, sur
notre asservissement cérébral, ménageons, d'abord, le
temps de cerveau nécessaire pour enquêter et publier.
Pour penser.
Pièces et Main d'OEuvre
Grenoble, le 28 février 2007
Retrouvez ce texte et bien d'autres sur
www.piecesetmaindoeuvre.com




à voir aussi :

Qu'est-ce que la Biologie de synthèse ?

LE LIVRE JAUNE N°7

Les armes psychotroniques



8 août 2011

Collectif contre les abus dus aux psycho-technologies

Collectif contre les abus dus aux psycho-technologies

CAPT COLLECTIF CONTRE LES ABUS DUS AUX PSYCHO-TECHNOLOGIES
TECHNOLOGIES DE CONTROLE POLITIQUE
VERS UNE SOCIETE PSYCHO-CIVILISEE?
" Nous avons besoin d'un programme de psychochirurgie pour le contrôle
politique de notre société. Le but est le contrôle physique de l'esprit. Chacun
qui dévie de la norme donnée peut être chirurgicalement mutilé. L'individu
peut penser que la réalité la plus importante est sa propre existence, mais c'est
seulement son point de vue personnel. Même si cette attitude libérale est très
séduisante, ceci manque de perspective historique. L'homme n'a pas le droit de
développer sa propre façon de penser. Nous devons contrôler le cerveau
électriquement. Un jour les armées et les généraux seront contrôlés par
stimulation électrique du cerveau. " C'étaient les remarques du Pr. Jose
Delgado, physiologiste à l’Université de Yale, telles qu’elles ont été transcrites
le 24 février 1974 dans l'édition du “Procès Verbal des séances du Congrès
américain”, numéro 26, vol. 118.
LES ARMES NON LETALES PSYCHO-TECHNOLOGIQUES OU
ARMES A ENERGIE DIRIGEE
Malgré ou grâce à de telles déclarations les recherches du Pr. Delgado (né à
Ronda, Malaga en Espagne le 8 août 1915) ont été financées par l’US Air
Force. Quand en 1977, les révélations de la Commission d’enquête du
gouvernement concernant les recherches de la CIA sur les techniques de
modification du comportement dans le cadre du projet Mkultra ont déclenché
un scandale, ce type de discours s’est fait plus rare. Sous couvert de préserver
la sécurité nationale, la CIA expérimentait sur des personnes en Amérique et à
l’étranger sans leur consentement avec différentes substances et méthodes de
pressions psychologiques (comme l'effacement de la mémoire, la résistance
hypnotique à la torture, les sérums de vérité, la suggestion post-hypnotique,
induire rapidement l’hypnose, la stimulation électronique du cerveau, les
irradiations non ionisantes, induire par micro-ondes des „voix“ qui semblent
naître à l'intérieur du crâne, et une foule d’autres technologies encore plus
inquiétantes). La CIA a assuré que ce programme avait pris fin mais d’autres
toujours secrets et classifiés ont pris le relais et les progrès scientifiques ont
permis le développement d’armes psycho-technologiques qui peuvent être
utilisées à distance.
DECLARATIONS D'INTENTION ET NOUVELLES TECHNOLOGIES
Depuis plusieurs années on assiste au développement d’armes non létales
toujours plus sophistiquées dont certaines ont déjà été utilisées dans le cadre de
conflits armés (guerre du Golfe entre autres). Elles font aussi leur apparition
dans des opérations civiles de maintien de l’ordre pour le contrôle des foules.
En effet les armes non létales sont à usage dual ce qui signifie qu’elles peuvent
être utilisées contre des civils, car leurs caractéristiques correspondent aussi
bien aux objectifs des forces armées qu’à ceux des forces de l’ordre. Luc
Mampaey, attaché de recherche au GRIP (Groupe de Recherche et
d'Information sur la Paix et la sécurité) fait remarquer que de nombreux
observateurs estiment qu’elles risquent donc de contribuer à un renforcement de
l’arsenal répressif y compris dans nos fragiles démocraties, et de conduire à une
militarisation croissante des opérations de police, adoptant des tactiques et un
armement de plus en plus sophistiqué. Toujours d’après Luc Mampaey les
armes non létales peuvent devenir un redoutable instrument pour maintenir la
domination des puissants et il cite un officiel de l’OTAN : „ dans un intéressant
et équilibré rapport d’octobre 1997, Luc Lyell, rapporteur de la Commission
des Sciences et des Technologies de l’Assemblée de l’Atlantique Nord,
exposait quelques unes des possibilités d’utilisations des armes non létales. On
peut y lire que „de telles utilisations d’armes non létales permettraient de mener
des opérations non guerrières qui seraient politiquement plus acceptables, ce
qui explique l’intérêt que présentent ces armes“. (Les rapports européens ont
montré que ces armes présentent des risques réels pour la santé et viennent en
règle générale s'ajouter aux armes conventionnelles.) Actuellement on trouve
encore des déclarations d’intention dans certains documents militaires qui
inquiètent les chercheurs et le Parlement européen mais le secret défense
empêche les débats entre intervenants aux formations et horizons divers sur
l’état actuel des recherches et l’utilisation de ces technologies
http://www.freeflights.net/carl1/haarp.html
Dans un article sur le système radar américain HAARP qui pourrait
éventuellement servir à manipuler les émotions et le comportement, le
journaliste A. Gossens cite un extrait d’une revue militaire : „Ce type de
technologie ne rebute absolument pas les stratèges du Pentagone, loin s'en faut.
Pour preuve, on peut lire dans une revue à circulation interne (The revolution in
military affairs - Stategic Studies Institute-US Army War College) qui n'est pas
censée tomber entre des mains civiles la conception suivante: "Nos valeurs
changent et la technologie s'ouvre sur de nouveaux horizons. Il y a peu, pendant
la guerre froide, les opérations psychologiques et l'armement psychologique
étaient encore primitifs. Alors que nous entrons de plain-pied dans l'ère de
l'électronique et de la bioélectronique, il devient nécessaire de réévaluer les
barrières morales et éthiques que nous avons posées en interdisant (toute
technologie) pouvant manipuler l'esprit de nos ennemis tant à l'intérieur du pays
qu'à un niveau international... Dès que cela sera possible, nous encouragerons
des entreprises privées ou semi-privées à développer une technologie
appropriée... Nous pouvons agir de même avec les nouveaux types d'armements
comme les armes biologiques incapacitantes et les armes psychotechnologiques
avancées..." [Fin de citation]
LES EFFETS DES ARMES NON LETALES
La panoplie des armes non létales, qui sont d'ailleurs capables de provoquer la
mort, comprend différentes catégories de technologies qui permettent aussi bien
d’entraver les mouvements, d’envoyer une décharge électrique dissuasive que
de rendre malade ou d’influencer le comportement. En effet ces armes peuvent
provoquer des réactions psychologiques et physiques.
Un rapport de l’U.S. Air Force de 1998 décrit l'arsenal d’articles
„antipersonnels“ disponibles. = "Infrasons / VLF" ou son à très basses
fréquences "qui désorientent et effrayent" "gênant le fonctionnement des
organes, en entraînant nausées et spasmes du système digestif;"
• "Inhibiteurs neuraux : frappent les personnes d'incapacité, paralysant
les connexions synaptiques;"
• "hallucinogènes" ou "narcotiques qui désorientent, rendent confus et
frappent d’incapacité;"
• "calmants" ou "sédatifs transmis par les poumons ou la peau;"
• "Bêtabloquants" ou "fléchettes tranquillisantes et balles
anesthésiques;"
• "Fusils électroniques" ou "pistolets qui assoment" "et affaiblissent le
système nerveux central;"
• "Impulsions micro-ondes puissantes (HPM = High Power
Microwave)" qui "induisent confusion, stupeur et coma chez les
personnes et les animaux;"
• "projectiles non-pénétrants" ou "systèmes qui écrasent, déforment,
délitent, dont des grenades à fléchettes;
• "balles en cire, bois, et plastique" dont "les effets varient selon la
forme, les matériaux, et la vitesse;"
• "lasers à faible énergie" y compris des "fusils laser; "ET
• "munitions optiques" ou "grenades éblouissantes."
Extrait de "Armement non létal : un travail de structuration pour une intégration
future", USAF, 98
Selon un rapport européen les pays producteurs d’armes non létales les plus
cités sont la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie.
NY Times, 12 septembre 1971, Section E p. 9
"Bien que les méthodes soient encore grossières et pas toujours prévisibles, il
ne fait aucun doute que dans les années à venir nous allons voir se
développer une panoplie effrayante de techniques sophistiquées pour amener
les êtres humains à agir conformément à la volonté du psycho-technologue"
(sic).
Si les possibilités des armes non létales sont énumérées assez sommairement
dans l'extrait du document de l'US Air Force précédent, le texte du Comité
consultatif scientifique de 1996 qui propose une analyse prévisionnelle des
stratégies et des capacités de l’USAF dans 50 ans s’étend en revanche plus
longuement sur le contrôle du comportement humain que ces avancées
scientifiques en cours de développement vont permettre. D’autres documents,
dont ceux cités sur cette page confirment pourtant que ces technologies ont déjà
été utilisées sur le terrain mais sont encore protégées par le secret défense :
Extrait du texte : United States Air Force Scientific Advisory Board, Ancillary
Volume p. 89-90 „New World Vistas, 1996“
http://www.dcn.davis.ca.us/~welsh/factsht.htm#Vistas
Avant la moitié du 21ième siècle, il y aura une explosion des connaissances
dans le domaine des neurosciences. Nous aurons une compréhension claire de
la façon dont le cerveau humain fonctionne, de la façon dont il contrôle
vraiment les différentes fonctions du corps, et comment celles-ci peuvent être
manipulées (à la fois négativement et positivement). On peut envisager le
développement de sources d'énergie électromagnétique, dont le signal peut être
pulsé, mis en forme et dirigé, qui pourront être couplés avec le corps humain de
façon à empêcher les mouvements musculaires volontaires, à contrôler les
émotions (et donc les actions), à dormir, à transmettre des suggestions, à
interférer avec la mémoire à court et à long terme, à produire l'acquisition
d'expériences, ou à effacer des expériences acquises. Ceci ouvre la porte au
développement de nouvelles capacités qui pourront être utilisées dans le cadre
de conflits armés, dans des situations de prise d'otages par des terroristes, et
pour la formation.
D’après Marc Filterman, expert en électronique de défense, un des meilleurs
spécialistes de ces questions et auteur „des armes de l’ombre“ : „Des armes
pour influencer insidieusement le comportement des individus sont disponibles
sur le marché. Il ne fait aucun doute que certaines ont déjà été utilisées. La
firme Rafaêl en Israël par exemple dispose d’un département spécialisé sur les
armes EMP/HPM qui fabrique ces nouvelles technologies. [...] C’est lors du
cinquième congrès de l’European Bioelectromagnetics Association en janvier
1992 à Bruxelles, que H.E. Girard a dévoilé l’existence de la directive 138 de
Georges Bush du 03/04/84 autorisant l’utilisation d’ondes électromagnétiques
comme arme sur des citoyens américains mais aussi étrangers. Cette conférence
traitait des „Effets des radiations hyperfréquences sur les systèmes
neuromusculaires, et les développements récents dans les technologies du
contrôle politique“. On peut affirmer que l’on sait maintenant saturer l’activité
cérébrale des troupes au sol par des signaux électroniques. [...] En conclusion
de ce chapitre il ajoute : „Des armes favorisant l’autosuggestion des individus
sont disponibles aujourd’hui et leur descriptif a été réalisé dans des cercles très
fermés. Le danger, c’est leur utilisation possible dans des démocraties, afin de
faire des populations des troupeaux passifs. Ces moyens peuvent être utilisés
pour leur faire adopter à leur insu, un mode de pensée unique. Quelques
associations et cabinets d’avocats américains se préoccupent déjà de ces risques
d’un nouveau genre, dont certains faits révélés semblent cautionner des
utilisations individuelles, ou ciblées, voire de masse.“ [fin de citation]
LA LEGISLATION A PRIS DU RETARD SUR LES AVANCEES
TECHNOLOGIQUES
Pour le droit français ces technologies n’existent pas et le vide juridique actuel
permet tous les abus. La logique de certains professionnels de la sécurité est
décrite dans un article sur le Taser une arme défensive qui envoie une décharge
électrique à 6 m et qui fait partie des armes non létales : „Pour les
fonctionnaires d’autorité, et les professionnels de la sécurité, le Taser semble la
réponse la plus appropriée en situation de légitime défense, évitant ainsi l’usage
de l’arme à feu et tous les problèmes juridiques qui en découlent. Pour le
moment, ce matériel n’entre dans aucune catégorie de la législation. Il ne s’agit
donc pas d’une arme.“ [fin de citation]
Au niveau européen, les politiques ont maintenant pris en compte ce
phénomène comme le prouve les rapports d’experts publiés par le „Comité
d’évaluation des options scientifiques et technologiques“ (STOA) et le rapport
analytique ci-dessous qui a donné lieu à la résolution du Parlement européen R4
0005 sur „l’environnement, la sécurité et la politique étrangère“ le 28 janvier
1999 :
http://www2.europarl.eu.int/omk/OMEuroparl?
L=FR&PROG=REPORT&PUBREF=-//EP//TEXT+REPORT+A4-
1999-0005+0+DOC+SGML+V0//FR&LEVEL=4&SAME_LEVEL=1"> 12.
demande en particulier que soit établi un accord international visant à interdire
au niveau global tout projet de recherche et de développement, tant militaire
que civil, qui cherche à appliquer la connaissance des processus du
fonctionnement du cerveau humain dans les domaines chimique, électrique, des
ondes sonores ou autres au développement d'armes, ce qui pourrait ouvrir la
porte à toute forme de manipulation de l'homme; un tel accord devrait
également interdire toute possibilité d'utilisation réelle ou potentielle de tels
systèmes;
Les chercheurs qui ont participé à ces recherches, tel Steve Wright de la
Fondation Oméga, auteur de l’étude à l’origine du rapport européen qui a
entraîné le vote de la résolution ci-dessus par les députés, lancent des
avertissements dans la presse sur les risques et les dangers de ces technologies.
La Fédération des Scientifiques américains cité par M. Wright dans son article
pour le Monde Diplomatique fait partie de ces scientifiques qui suivent
l’actualité technologique afin d’essayer d’orienter le débat sur les conséquences
et les questions d’éthique auxquels peu de gens pensent à plus forte raison s’ils
se trouvent devant le fait accompli.
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/12/WRIGHT/12829
Au-delà des possibles violations du serment d’Hippocrate, M. Steven
Aftergood, directeur de la Fédération des scientifiques américains, souligne le
caractère extrêmement intrusif de ces armes : „Elles ne s’attaquent pas
seulement au corps d’une personne. Elles sont destinées à désorienter ou à
déstabiliser son mental.“ De tels engins peuvent interférer avec les régulateurs
biologiques de température du corps humain; les armes à fréquence radio, par
exemple, agissent sur les connexions nerveuses du corps ou du cerveau; les
systèmes laser induisent, à distance, des chocs électriques „tétanisants“ ou
„paralysants“.
Seulement sans pressions de la part de l’opinion publique pour contrer certains
lobbies qui ont des intérêts financiers dans le développement de ces nouvelles
technologies, l'incitation du Parlement restera sans effet et la Convention visant
à interdire les systèmes qui permettent de manipuler le comportement humain
ne sera pas signée avant longtemps.
Références et liens ci-dessousdécembre 2002
L'opinion publique a un rôle a jouer. Ces technologies existent et sont
opérationnelles, elles peuvent être utilisées en France contre d'honnêtes
gens jusque dans leur domicile ou sur leur lieu de travail sans leur
consentement.
L’opinion publique doit demander des explications
sur ces nouvelles technologies et leurs modalités
d’utilisation. Ces avancées constituent un risque
pour la santé publique et le libre arbitre des populations !
Faites-nous part de
vos remarques
Ce texte est destiné à donner un aperçu du sujet. Pour plus de précisions
n'hésitez pas à lire le texte intégral des différents articles cités ci-dessous:
Article de Luc Mampaey du GRIP (Groupe de Recherche et d'Information
s ur la Paix et la Sécurité)
A rticle de Marc Filterman (expert radar et électronique de défense) s ur l a
r ésolution européenne (mentionné dans la deuxième partie du t exte).
Un extrait de son livre "les armes de l'ombre," éd. Carnot est également cité
dans le texte.
MERCI à l'association CAHRA (2 sites):
==http://dcn.davis.ca.us/~welsh et
==http://www.raven1.net/ravsubjx.htm
et à l'association internationale pour l'interdiction des armes utilisant les
radiofréquences pour la manipulation du système nerveux humain à
distance:
= = h ttp://www.geocities.com/CapeCanaveral/Campus/2289/webpage.htm
ainsi qu'aux nombreux membres de ces associations dans le monde entier,
victimes des applications incontrôlées de ces avancées scientifiques, pour
leurs recherches qui permettent de réunir toujours plus de documents et
d'informations sur le sujet.
INDEX / PAGE D'ACCUEIL / STATUTS / ADHESION / LIENS / BIBLIOGRAPHIE / PLAN /
COMPORTEMENT
SANTE / SURVEILLANCE / ASSISTANCE / DEFINITIONS / STRATAGEMES / EXPERIMENTATION /
ACTIVITES
Suite du texte sur http://hometown.aol.com/ccapt2001/controle1b.html
* Un Comité scientifique révèle comment les forces armées conçoivent l'avenir
* Les législations françaises et européennes face aux avancées
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Contrôle à distance par induction électromagnétique :

SUR LA POSSIBILITE DE CONTRÔLE A DISTANCE DE TOUS LES CERVEAUX
HUMAINS PAR L’INDUCTION ELECTROMAGNETIQUE D’ALGORITHMES
FONDAMENTAUX.
Traduction de l’anglais : Frank Nadaud
M.A. Persinger
Laurentian University, juin 1995 paru dans : Perceptual and Motor Skills, june 1995, 80, 791-
799. ISSN 0031-5125
Résumé : La neuroscience contemporaine suggère l’existence d’algorithmes fondamentaux par
lesquels toute transduction sensorielle est traduite dans le code intrinsèque spécifique au cerveau.
La stimulation directe de ces codes dans les cortex temporel ou lymbique humains par
l’application de signaux électromagnétiques pourrait requérir des niveaux d’énergie à la portée
tant de l’activité géomagnétique que des réseaux de télécommunications contemporains. Un
processus couplé avec l’étroite bande de température du cerveau permettrait d’affecter tous les
cerveaux humains normaux avec un sous harmonique dont la fréquence au environs de 10 Hz ne
varierait que de 0,1 Hz.
L’étude des algorithmes par lesquels tous les cerveaux humains fonctionnent peut être considérée
comme un thème central de la neuroscience moderne. Bien que des différences individuelles
soient attendues pour accommoder l’essentiel de la variance de toute mesure
neurocomportementale spécifique, il devrait exister des configurations d’information et de
structures basiques dans le cerveau. Elles seraient déterminées par le génome humain, c’est-àdire,
qu’elles seraient spécifiques aux espèces, et devraient contribuer à, ou serviraient de substrat
sur lequel tous les phénomènes qui affectent les mesures neurocomportementales sont
surimposées.
Une extrapolation logique à une base neurophysique de la conscience est que toutes les
expériences doivent exister en tant que corrélats de séquences de matrices électromagnétiques
complexes mais déterminées. Elles contrôleraient le thème de la mise en forme de la cognition et
de l’affect tandis que la myriade possible d’ensembles de séries de variations aléatoire du
« bruit » dans ces matrices pourraient potentiellement différencier les cerveaux individuels.
L’identification de ces séquences pourrait aussi permettre l’accès direct aux processus
neurocognitifs les plus complexes associés au sens du soi, la conscience humaine et l’agrégat des
représentations de l’expérience (mémoire épisodique) qui définie l’individu dans son cerveau
(Squire, 1987).
L’existence de standards fondamentaux entre tous les cerveaux humains par lesquels un stimulus
physique similaire peut les affecter n’est pas un concept nouveau. Il est démontré
quotidiennement par des changements similaires des fonctions qualitatives qui sont évoquées par
les drogues psychotropes. Des catégories de structures chimiques, grossièrement classifiées
d’antidépresseurs, antipsychotiques, ou composés anxiolytiques, produisent des atténuations
générales de l’humeur, des pensées extrêmement excentriques, ou une extrême vigilance. Les
caractéristiques de ces changements sont très similaires sur des millions de cerveaux humains
indépendamment de leur histoire culturelle ou génétique. Les expériences singulières telles que
les pensées et les images spécifiques qui reflètent le processus continuel d’adaptation de chaque
personne sont surimposées sur ces fonctions générales. Lorsqu’ils sont traduits dans le langage du
domaine neuroélectrique, les composants uniques de la conscience individuelle devraient être à la
fois incorporés et en interaction avec les schémas invariants des espèces.
Nous avons étudié les conséquences phénoménologiques de l’exposition à des champs
électromagnétiques complexes dont les structures temporelles ont été déduites des profils
neuroélectriques les plus récemment observés tels que les séquences potentialisatrices par
décharge ou de long terme (Brown, Chapman, Kairiss, Keenan, 1988), qui peuvent être
considérées comme la base prototypique d’un domaine majeur de l’activité cérébrale. Ces
structures temporelles des codes potentiels pour accéder et influencer les agrégats neuronaux ont
été appliqués dans les deux hémisphères (au travers des régions des lobes tempoparietaux ou dans
la région du complexe hippocampaire-amygdaloide) du cerveau par des champs
électromagnétiques faibles dont les intensités sont généralement inférieures à 10 milligauss (1
micro Tesla). Le but de cette recherche, suggéré par E.R. John (1967) et Sommerhoff (1974), est
d’identifier les codes basiques du langage des systèmes de représentation dans le cerveau
humain1.
Dans la tradition de Johannes Mueller, nous avons supposé que la transduction des stimuli par les
détecteurs en potentiels gradués afférents, et la traduction subséquente en signaux digitaux des
potentiels d’action (qui sont plus probablement susceptibles de se comporter fonctionnellement
comme une composition de pixels dans un champs neural) peuvent être circonvenus par
l’introduction directe de cette information dans le cerveau2. L’induction d’information complexe
nécessiterait la simulation des structures de résonance qui seraient normalement créées
temporairement par les afférents sensoriels. Le prémisse de base est que la duplication
synthétique de corrélats neuroélectriques générés par les détecteurs d’un stimulus réel devrait
produire des expériences identiques sans présence de ce stimulus.
Nous-nous sommes concentrés sur les portions polymodales et les plus labiles des cortex
parahyppocampal (Van Hoesen, 1982) et entorhinal (Vinagradova, 1975) et du gyrus supérieur
antérieur des cortex temporaux (Bancaud, Brunet-Bourgain, Chauvel, Halgren, 1994) en tant que
régions dans lesquelles la circonvolution serait la plus probable. L’extraction et la traduction des
1 NdT : Jean-Louis Krivine (le cousin d’Alain), a montré que ces codes sont très proches du lambda calcul, c’est-àdire
une partie de la logique mathématique qui permet de construire l’informatique sur une base théorique. Son
travail consiste à traduire en lambda calcul les démonstrations de théorèmes fondamentaux des mathématiques afin
d’en déduire l’opération équivalente en informatique. Krivine pense que les mathématiques sont en somme une
forme de décodage des programmes de notre cerveau. CF. Science et Vie N° xxx.
2 NdT : En clair, on peut introduire de l’information dans le cerveau directement par des champs électromagnétiques.
signaux neuraux des différents entrées sensorielles en codes communs surviennent dans ces
régions avant qu’elles soient consciemment perçues (Edelman, 1989). La présence des codes
centraux fut montrée par E.R. John (1967, pp. 348-349) qui rapporta un transfert immédiat du
contrôle opérant à la réponse d’un stimulus auditif vibrant en un stimulus visuel vibrant si sa
forme temporelle était identique au stimulus (acoustique) précédent.
Nous (Fleming, Persinger, Koren, 1994) avons rapporté que l’exposition du cerveau entier de rats
à un champ magnétique jaillissant [burst-firing] de 5 μT durant une seconde, toutes les 4
secondes évoquait une réponse analgésique qui était similaire à celle induite par l’application de
stimulations tactiles plus nocives d’une seconde toutes les 4 secondes directement sur les
coussinets. La stimulation électrique directe des structures de membres qui simule l’application
épisodique, systémique d’agents muscariniques (cholinergique) peut évoquer une réaction
électrique (Cain, 1989). Plus récemment, l’induction directe de séquences électriques chaotiques
dans la région labile CA1 de l’hippocampe a montré soit un accroissement, soit une atténuation
des décharges paroxysmiques (Schiff, Jerger, Duong, Chang, Spano, Ditto, 1994).
Ces résultats indiquent fortement que l’imitation de la structure temporelle de la transmission
sensorielle directement dans le cerveau par des stimuli non biogéniques peut invoquer des
changements qui sont juste aussi efficaces que la transduction classique (et requièrent
probablement moins d’énergie). Comme il a été affirmé plus récemment et succinctement par E.R
John (1990), le fonctionnement fondamental de l’activité électrique du cerveau suggère qu’une
forme d’encodage de la fréquence3 pourrait jouer un rôle significatif dans les transactions
informationnelles à l’intérieur et entre les structures du cerveau. La conscience serait associée
avec une configuration électromagnétique générée par un agrégat neural aux caractéristiques
statistiques invariantes qui sont indépendantes des cellules contribuant à chaque caractéristique
(John, 1990, p. 53).
Les effets de l’application de champs magnétiques variables dans le temps sur l’activité du
cerveau ont été considérés comme minimaux ou dans l’intervalle des limites biologiques
normales à moins que l’intensité du champs excède les niveaux naturels endogènes ou exogènes
(ambiants) de plusieurs ordres de grandeur4. Jusqu’à très récemment, presque toutes les études
desquelles cette conclusion a été déduite impliquaient des stimuli hautement redondants tels que
des champs de 60 Hz ou les pulsations répétitives. Une illustration simple présente le problème :
une seule minute d’exposition d’un réseau de neurones à une onde sinusoïdale de 60 Hz expose
ce réseau à 3600 présentations (60 sec. X 60 cycles/sec.) de la même information redondante.
Même des estimations générales de l’accoutumance (Persinger, 1979) telle que l’équation H =
IRT_/Rt (IRT=temps inter-réponse ; Rt = durée de réponse) indiquent que l’accoutumance au
3 Cette hypothèse est exactement celle des chercheurs de biophysique russes dès les années 60.
4 NdT : Endogène : induit, produit à l’intérieur du système ; exogène : produit à l’extérieur du système (ici le
cerveau) ; ordres de grandeurs : nombre de multiplications par 10 d’un nombre donnés (logarithme décimal : 10=1 ;
100=2 ; 1000=3 etc…).
stimulus devrait être survenue bien avant son arrêt après 1 min. Bien que les fréquences
d’excitation intermittente (100 à 200 Hz) des neurones de l’hippocampe, par exemple, excèdent
cette forme, elles ne sont pas temporellement symétriques et exhibent une variabilité des
intervalles inter-stimulus qui contiendrait une information différente et devraient atténuer
l’accoutumance.
La dépendance apparente des réponses de l’organisme à l’intensité du champ électromagnétique
appliqué, la « courbe de réponse dépendante de l’intensité », pourrait simplement être un artéfact
de l’absence d’information biologiquement pertinente dans la forme de l’onde. Si la structure
temporelle du champs électromagnétique appliqué contenait des informations pertinentes et
détaillées (Richards, Persinger, Koren, 1993), alors l’intensité du champ nécessaire pour induire
une réponse pourrait être de plusieurs ordres de grandeur en dessous des valeurs qui ont été
précédemment trouvées induire des changements. Par exemple, Sandyk (1992) et Jacobson
(1994) ont trouvé que les champs magnétiques complexes avec des durées de pulsation interstimulus
variables pourraient invoquer des changements sans précédent dans les niveaux de
mélatonine même pour des intensités de l’ordre du nano-T5.
Le contre argument classique selon lequel des champs magnétiques « très forts » doivent être
présents pour « excéder ou compenser le bruit électromagnétique associé aux énergies thermiques
intrinsèques (Boltzmann) » est basé sur des équations et des calculs des indices quantitatifs
d’agrégats d’activité moléculaire et pas sur les formes de leur interaction.
Il y a d’autres possibilités, Par exemple, Weaver et Astumian (1990) ont montré
mathématiquement que la détection de champs très faibles (microV/cm)6 peut survenir si la
réponse est exhibée dans une étroite bande de fréquences7 ; la détection est une fonction des
fluctuations thermiques induites dans le potentiel de la membrane8 et de l’incrément maximal de
changement de ce potentiel de la membrane qui est évoqué par le champ magnétique. Le modèle
de résonance cyclotron ionique qui fut initié par la recherche de Blackman, Bename, Rabinowitz,
House, et Joines (1985) et confirmé par Lerchl, Reiter, Howes, Honoka et Stkkan (1991) indique
que, lorsqu’un champ magnétique alternatif à une fréquence de distance (résonance) est
surimposé sur un champ magnétique stationnaire, le mouvement des ions calcium et autres peut
être facilité avec de très petites énergies. Plus de 25 ans auparavant, Ludwig (1968) développa un
5 NdT : Nano-Tesla : milliardième de Tesla. Noter que ce résultat est au coeur des controverses actuelles sur les effets
des GSM qui émettent des micro-ondes pulsées et modulées complexes.
6 NdT : A titre de comparaison, le champ électrique naturel de l’atmosphère est de 100 V/m soit un Volt/cm, l’auteur
parle donc de champs 1 million de fois plus faibles que le champs électrique atmosphérique.
7 NdT : Ce qui signifie que le cerveau est capable de réagir a des champs 1 million de fois plus faibles que le champ
atmosphérique, à condition que ce champs ait une certaine fréquence.
8 C’est-à-dire à la surface de la cellule.
argument mathématique séduisant (mais néanmoins ignoré) qui décrivait l’absorption d’ions
atmosphériques dans le cerveau.
Au dessus de ces niveaux mimimaux, le contenu en information de la structure de l’onde devient
essentiel. L’analogie la plus simple serait la réponse d’un réseau de neurones complexe tel que
celui de l’être humain à l’énergie sonique. Si seulement un ton de 1000 Hz (onde sinusoïdale)
était présenté, l’intensité requise pour évoquer une réponse pourrait bien excéder 90 db ; dans ce
cas la réponse serait un évitement manifeste et grossier. Cependant, si la structure du champ
sonique était modifiée pour exhiber la forme complexe qui serait équivalente à de l’information
biologiquement pertinente telle que « aidez-moi, je meurs », des champs plus faibles de plusieurs
ordres de grandeur (par ex. 30 db) pourraient être suffisants. Ce stimulus unique, bref mais riche
en information évoquerait une réponse qui pourrait concerner tous les domaines cognitifs
majeurs. Si l’information dans la structure du champ magnétique appliqué est une source majeure
de sont effet neurocomportemental, alors les réponses « dépendantes de l’intensité » comme le
support pour les hypothèses expérimentales d’interaction biomagnétique pourraient être aussi
bien des épiphénomènes que des artéfacts. De telles amplifications des forces de champs
électromagnétiques pourraient aussi accroître l’intensité des sous-harmoniques, rides et
anomalies temporelles extrêmement subtiles et presque toujours ignorés qui sont surimposées sur
ou dans la fréquence primaire. Ces anomalies subtiles seraient dues aux artefacts présents dans
les différents circuits électroniques et les composants dont les similarités sont basées sur la
fidélité du point limite (fréquence primaire) en dépit des géométries différentes employées pour
produire ce point limite.
Si l’information plutôt que l’intensité est importante pour l’interaction avec le réseau de neurones
(Jahn et Dunne, 1987), alors ces formes « de fond » non spécifiées peuvent être la source tant des
effets expérimentaux que des échecs de réplications entre laboratoires. Un exemple concret de ce
problème existe dans la supputation d’association entre l’exposition à des champs
électromagnétiques (60 Hz) et certaines formes de cancer. L’existence de ces effets transitoires,
souvent surimposés sur la fréquence fondamentale de 60 Hz, est encore le facteur le moins
considéré dans la tentative de spécifier les caractéristiques des champs qui induisent des mitoses
aberrantes (Wilson, Stevens, Anderson, 1990).
Dans les cinq dernières années, plusieurs chercheurs ont rapporté que des effets directs et
significatifs sur des structures neurologiques spécifiques peuvent être induits par des champs
magnétiques extrêmement faibles dont les intensités sont de l’ordre de l’activité géomagnétique.
Sandyk (1992) a discerné des changements significatifs chez des sujets vulnérables tels que des
patients diagnostiqués pour leurs désordres neurobiologiques consécutifs à des expositions de
courtes durées à des champs magnétiques dont les forces se situent entre le pT et le nT mais dont
les applications spatiales sont multifocales (???) et conçues pour introduire des configurations
très hétérogènes dans une région très localisée du cerveau. Les composantes efficaces du champ
(qui sont supposées être des formes temporelles discrètes dues à la modulation de la fréquence et
de l’intensité des champs électromagnétiques) ne sont pas toujours évidentes ; cependant, les
niveaux de puissance pour ces amplitudes sont similaires à celles associées avec les signaux
(générés globalement par les systèmes radio et de communication) dans lesquels la plupart des
êtres humains sont constamment exposés.
Le processus le plus parcimonieux par lequel tous les cerveaux humains pourraient être affectés
nécessiterait (1) l’immersion dans le même milieu d’approximativement tous les 6 milliards de
cerveaux de l’espèce humaine ou (2) une interaction coercitive parce qu’il y une bande de
vulnérabilité très étroite dans chaque cerveau. Pour la première option, le champs stationnaire ou
la composante « permanente » du champs magnétique terrestre répond au critère. La possibilité
que des masses de personnes susceptibles pourraient être influencées durant des conditions
critiques de variations extrêmement faibles (moins de 1 %) de l’amplitude stationnaire (50 000
nT, soit 50 μT) du champs magnétique terrestre tel que durant des orages géomagnétiques (50 à
500 nT) a été discutée ailleurs (Persinger, 1983). Des preuves expérimentales récentes ont montré
un seuil de l’activité géomagnétique d’à peu près 20 nT à 30 nT pour l’observation d’expériences
vestibulaires chez des êtres humains et la facilitation de crises limbiques chez des rongeurs est
cohérent avec cette hypothèse.
Le potentiel pour la création d’un processus agrégé doté de propriétés de type gestalt qui reflète
les caractéristiques moyennes des cerveaux maintenus dans ce champ générateur de l’agrégat a
aussi été développé (Persinger et Mafreniere, 1977) et a été appelé « geopsyché ». Ce phénomène
serait analogue aux caractéristiques vectorielles d’un champ électromagnétique qui est induit par
le courant en déplacement dans les milliards d’éléments tels que les câbles contenus dans un
volume relativement faible comparativement à la source. De tels gestalts, tout comme les champs
en général, affectent aussi les éléments qui contribuent à la matrice (Freeman, 1990).
La seconde option nécessiterait l’accès à une limite très étroite des propriétés physiques dans
lesquelles tous les cerveaux sont maintenus pour générer la conscience et l’expérience de soi. Ce
facteur serait principalement porté par la variable température du cerveau. Bien que la relation
entre température absolue et longueur d’onde est généralement claire [un exemple qui peut être
décrit par la loi de Wien et qui est bien documenté en astrophysique (Wyatt, 1965)], ses
implications pour l’accès à l’activité du cerveau n’ont pas été explorées. Les processus
neurocognitifs fragiles qui maintiennent la conscience et le sens de soi existent entre 308°K et
312°K (35°C et 39°C). La longueur d’onde fondamentale associée avec cette émission est d’à peu
près 10 μm ce qui est bien dans la longueur d’onde de l’infrarouge lointain.
Cependant, la rapport de cet intervalle divisé par la température absolue de l’activité normale du
cerveau qui maintiennent les processus neurocognitifs est de seulement 0,013 ou 1,3 %. S’il y
avait une structure sous-harmonique dans les champs magnétiques naturels et techniquement
générés qui reflétaient aussi ce ratio, alors tous les cerveaux qui seraient opérants dans la bande
de température pourraient être affectés par l’harmonique. Par exemple, si 11,3 Hz était une de ces
fréquences électromagnétiques sous-harmoniques, des variations de seulement 1,3 % signifient
ici 11,3 Hz +/- 0,13 Hz, seraient théoriquement suffisantes pour affecter le fonctionnement de
tous les cerveaux normaux. Si cette « fréquence porteuse principale » contenait de l’information
biologiquement pertinente en étant modulée de manière à transporter cette information, alors les
intensités efficaces pourraient bien être l’intervalle du rayonnement de fond cosmique (de l’ordre
de quelques microwatts/cm_) et pourraient être cachées en tant que composants chaotiques dans
le bruit électromagnétique associé à la production d’énergie et son utilisation.
Une des utilisations prophylactiques directes des effets de ces champs pourrait nécessiter des
altérations de la température du noyau (cerveau) tels qu’une hypothermie profonde mais
réversible. Cependant, cette condition désorganiserait le processus biochimique sur lequel repose
l’activité neuronale et donc la conscience. Les traitements qui précipitent les altérations de
l’activité neurale, similaires à ceux qui sont associés à l’hypothermie grossière, seraient moins
désorganisants. Des candidats spécifiques qui affectent les systèmes à récepteurs multiples tels
que la clozépine (Clorazil) et l’acépromazine pourraient être des interventions pharmacologiques
possibles.
Les caractéristiques de l’algorithme pour les individus euthermiques sont probablement notables
(une fois isolés) mais devraient être maintenant cachés dans l’activité synchrone qui est (1)
modifiée et filtrée par les agrégats de neurones et (2) modulée par les inputs sensoriels et ses
oscillations intrinsèques (Kepler, Marder, Abbott, 1990) avant qu’ils soient sommairement
mesurés par des électrodes. Puisque l’algorithme fondamental devrait être essentiellement un
paramètre stable de la température du corps, la plupart des montages d’électrodes (y compris
monopolaires hors cerveau ; par ex. oreilles) annuleraient ou atténueraient cet index.
Effectivement, l’algorithme serait exprimé d’une manière similaire aux descripteurs pour d’autres
phénomènes agrégés comme une constante physique ou un ensemble limité de telles constantes.
Cette suggestion est commensurable avec l’observation selon laquelle les réseaux neuronaux
sous-jacents qui coordonnent les millions de neurones manifestent les propriétés (mathématiques)
d’un attracteur étrange avec un nombre très limité de degrés de liberté (Lopes, Da Silva,
Kamphuis, Van Neerven, Pijn, 1990).
La preuve physico-chimique d’un processus fondamental, mû par une limite étroite de la
température biologique s’est accumulée. Des variations électromagnétiques oscillatoires fixes ont
été montrées in vitro pour les enzymes du chemin glycocitique (Higgins, Frenkel, Hulme, Lucas,
Rangazas, 1973) dont l’étroite bande de sensibilité à la température (autour de 37°C) est bien
connue. Bien que ces oscillations sont souvent mesurées comme périodes (cycles de 2,5 min),
Rueg (1973) reporta une dépendance à la température claire de ces oscillations dans une bande de
1 à 20 Hz entre 20°C et 35°C dans des muscles d’invertébrés.
La source cérébrale la plus probable qui pourrait servir de modulateur primaire de ces oscillations
biochimiques devrait impliquer des structures dans le thalamus (Steriade et Deschenes, 1984).
Des agrégats neuronaux avec des oscillations d’une surprenante stabilité (0,1 Hz près) sont
trouvés dans cette structure et dépendent principalement des neurones qui requièrent de l’acide
gamma amino butyrique ou GABA (von Krosigk, Bal, McCormick, 1993). Cet acide aminé
inhibitoire est spécialement dérivé de la dégradation normale, sensible à la température du
glucose par le GABA (Delorey et Oslen, 1994).
Durant les deux dernières décades (Persinger, Ludwig, Ossenkopp, 1973) a émergé un potentiel
qui était improbable mais qui est maintenant marginalement réalisable. Ce potentiel est la
capacité technique d’influencer directement la majorité des approximativement six milliards de
cerveaux de l’espèce humaine sans la médiation des modalités sensorielles classiques en générant
l’information neurale dans le milieu physique où tous les membres de l’espèce sont immergés. De
l’émergence historique de telles possibilités, de la poudre à canon jusqu’à la fission atomique, ont
résulté des changements majeurs de l’évolution sociale, qui survinrent de manière
extraordinairement rapide après leur application. La réduction du risque d’application
inappropriée de ces technologies requière une discussion ouverte et continue dans la communauté
scientifique et le domaine public sur le réalisme de leur faisabilité et leurs implications.
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